Cinéma / Séries

🇬🇦 ASSANG MEFA : UN COURT MÉTRAGE HISTORIQUE SUR EMANE TOLE, LE RÉSISTANT

Assang Mefa, c’est l’histoire d’Emane Tole, un resistant Gabonais anti-colonialisme prêt à tout pour sauver son fils. Réalisé par Franck Onouviet, ce court métrage nous transporte dans le Gabon du début du 19e siècle. Entre histoire, ambiance et mysticisme, Assang Mefa mérite toute votre attention.

UN HOMME PRÊT À TOUT POUR SON FILS

Assang Mefa se déroule en 1895 et nous fait suivre le périple d’Emane Tole, le chef du village Nseghe situé le long du fleuve Ogooué. Ce dernier refuse de se soumettre aux envahisseurs coloniaux. Dérangeant leurs plans, ils envoient des miliciens à sa poursuite afin de faire de lui un exemple à ne pas suivre.

Cependant, Tole veut sauver son fils coute que coute malgré les conseils de Mikibi. Est-ce que sa détermination et courage suffiront ?

« Qu’est-ce qu’il reste du combat d’une vie ? »

Emane Tole

LA BIOGRAPHIE D’EMANE TOLE

UNE AMBIANCE IMMERSIVE

Le court métrage commence par une course poursuite en pleine forêt. Emane Tole (Marlon Mave) tente d’échapper aux « sales blancs » comme il les appelle. Malgré le budget limité, on y croit. Les bruits des feuilles, les aboiements des chiens (surement rajoutés en post-production), le silence de la forêt qui pèse sur les personnages, le maquillage et les tenues de l’époque, tout est là.

Le souci du détail happe le spectateur. On se sent concerné, on a l’impression d’être à ses côtés et de vivre son périple. Chapeau bat pour les scènes de nuit qui sont très réalistes. Un soin tout particulier a été apporté à l’éclairage. Il laisse croire que seule la lumière de la lune éclaire les protagonistes.

Emane Tole est partagé entre le sauvetage de son fils et la poursuite de son combat contre les blancs.

La musique (Mwonombé de François N’Gwa) colle à l’ambiance générale du film et une fois associée aux visions de Tole, elle nous procure tant d’émotions. Durant celles-ci, il voit l’avenir du Gabon et les luttes de son peuple. La voix-off (Marlon Mave) ajoute un dramatisme certain lors de cette séquence.

MENTION SPÉCIALE AU JEU DES ACTEURS

Il faut applaudir la relation entre Emane Tole et Mikibi. Les acteurs sont investis dans leur rôle, parfois trop, mais dans l’ensemble c’est du bon travail. Pourquoi trop ? Certaines réactions semblent surjouées sans pour autant nous déconnectés.

Assang Mefa a été tourné quelques semaines avant les élections de 2016 au Gabon, à Malibé 2. Le tournage a duré 4 jours.

Marlon Mave est parfait pour le rôle de Tole. Sur son visage on peut lire la détresse, la colère et la détermination même lors des moments silencieux où l’on se demande à quoi il pense.

Marlon Mave, 32 ans, n’est pas à son premier rôle. Il est dans le milieu depuis pas mal de temps. Son premier film remonte à 2009 au Ghana. Vous pouvez le voir dans House Of Gold et Grey Dawn, des productions made in Ghana.

Mikibi, le vagabond, est là pour rappeler à Tole sa mission principale, lutter pour tous les enfants du peuple de l’Ogoué et non seulement son fils. Olivier Messa Essono qui l’incarne, s’en sort très bien.

Olivier Messa Essono est aussi l’assistant réalisateur de ce court métrage.

Dans l’ensemble, c’est du très bon court métrage. Le son n’est pas parfait car on sent que les acteurs n’ont pas profité du même micro tout le temps. Ceci provoque un léger décalage lors de certains dialogues. Tout comme ces derniers, l’alternance jour et nuit est très bien rythmée, ce qui fait que l’on ne s’endort pas jusqu’au twist final.

En bref, Assang Mefa est un à voir et revoir.

Assang Mefa fait partie d’une série de trois courts métrages : M-001, Assang Mefa et Makika contre l’humanité.

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