DEAF U : PAS CE À QUOI ON S’ATTENDAIT…

Deaf U nous fait suivre un groupe d’étudiants sourds et malentendants à Washington DC. Entre amour, amitié et handicap, une rivalité divise le campus.

Deaf U, c’est le « quotidien » d’un groupe d’étudiants de l’université de Gallaudet à Washington DC, aux USA. Une université pour sourds et malentendants. On a deux footballeurs Dalton et Rodney, Cheyenna une influenceuse, Tessa la petite peste issue d’une famille riche et sourde, Renate qui est une militante pansexuelle. Puis on a Daequan et Alexa qu’on vous laisse découvrir.

L’UNIVERSITÉ DE GALLAUDET

L’université Gallaudet est une université semi-publique, fondée en 1864, destinée aux sourds et malentendants. C’est la première institution d’enseignement supérieure destinée aux sourds. Encore aujourd’hui, c’est toujours la seule université au monde dans laquelle tous les programmes et services sont spécifiquement conçus pour les sourds et malentendants.

DEAF U EST PLUS UNE TÉLÉRÉALITÉ QU’UN DOCUMENTAIRE SUR LA SURDITÉ

Aux premiers abords, on pensait que Deaf U nous montrerait le vrai quotidien de ces étudiants. Les cours, les difficultés auxquelles ils font face à l’école et en dehors. Comment ils vivent hors du campus, leur perception de la société, etc. On s’attendait à une téléréalité documentaire pure. Cependant, Deaf U, c’est une téléréalité comme on en connait plein aujourd’hui.

Au lieu de se focaliser sur leur vie à proprement parler, Deaf U nous montre que toute cette bande d’étudiants fait tout ce que les autres étudiants du monde font. Ils se draguent et couchent ensemble. Ils font la fête, se critiquent, s’aiment et cherchent à trouver leur place dans notre société faite pour entendants. Bien entendu, ils ont tous un passé plein de blessures et à chaque épisode, on en apprend un peu plus. Ce n’est pas toujours très joyeux et c’est ce que l’on aime. Ils sont comme nous et ça rend l’émission un peu plus authentique.

UN HANDICAP QUI DIVISE

Néanmoins, ce qui nous a vraiment marqué, ce n’est pas tant leurs histoires personnelles, mais plutôt cette « guerre » qu’il y a entre les sourds signants (qui ne parlent que le langage des signes) et les sourds oralistes (qui s’expriment à l’oral tout en utilisant la langue des signes). D’ailleurs les étudiants que l’on suit sont presque tous sourds oralistes. De ce fait, ils sont mis à l’écart par les sourds signants qui viennent pour la plupart de familles aisées. Ces derniers forment une sorte d’élite sur le campus.

ON VEUT MOINS D’AMOUR

Malgré tout ça, l’insistance sur leurs histoires de cœur gâche le potentiel de Deaf U. On tourne beaucoup autour d’histoires de sexe alors que l’on aurait apprécié en apprendre un peu plus sur leurs projets après l’université. Arrivé au bout des épisodes, on se demande vraiment si on a appris quelque chose sur les sourds et malentendants. Pourtant, ces étudiants sont pleins de couleurs, notamment Rodney et Cheyenna et c’est vraiment dommage de les limiter à des jeunes en quête de sexe et rien d’autre.

On est d’accord, ils sont jeunes et les hormones sont en folie à la fac, mais quand même. Une téléréalité sur les sourds et malentendants, ce n’est pas commun et voilà qu’en tombe une sous nos yeux et elle fait quoi ? Elle se transforme en Gossip Girl.

Enfin, on n’est pas en train de dire que c’est nul, au contraire, on a bien aimé. Cependant, avec du recul, on se dit qu’il y avait mieux à faire avec ces jeunes aux histoires particulières. Deaf U parle d’un handicap qu’on ne rencontre pas si souvent que ça, mais ne le valorise pas autant qu’il aurait dû. Dommage.

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