HORS NORMES : UNE BELLE LEÇON DE SOLIDARITÉ

Hors Normes, c’est l’histoire de Bruno (Vincent Cassel) et Malik (Reda Kateb) qui s’occupent d’adolescents autistes à Paris, tout en formant des jeunes provenant de quartiers difficiles à faire de même.

Réalisé par Eric Toledano et Olivier Nakache à qui l’on doit Intouchables, Hors Normes est un projet de longue date comme le dit le site AlloCine :

Hors Normes est le fruit d’un engagement de vingt ans. En 1994, Eric Toledano et Olivier Nakache étaient moniteurs de colonies de vacances et ont dû passer un diplôme pour devenir directeur (BAFD). C’est là qu’ils ont rencontré Stéphane Benhamou, le créateur de l’association Le Silence des Justes, spécialisée dans l’accueil et l’insertion des enfants et adolescents autistes.

DANS LE VRAI

Il faut ajouter qu’Hors Normes, c’est bien plus que ça. C’est une immersion dans un monde que peu d’entre nous connaissent et côtoient. Le quotidien difficile de ces petites associations qui essayent tant bien que mal d’aider ces jeunes autistes à avoir une vie « normale ». Immersif aussi parce que le film est tourné quasiment tout le temps à l’épaule, ce qui donne une sensation d’être présent au cœur de l’histoire.

Hors Normes : Photo
Copyright Carole Bethuel

Tout de suite, on est plongé dans la vie de ces deux hommes plein d’amour et de solidarité pour leur prochain qui, selon la société ne rentre pas dans les bonnes cases. De plus, le film n’oublie personne, des autistes aux parents en passant par les médecins et les responsables de la santé. On comprend les difficultés auxquelles ils font face, eux et les enfants. Sans vouloir nous forcer la larme à l’œil, Hors Normes nous touche droit dans le cœur. Leur combat, il est là, il est presque palpable, mais il est surtout vrai.

UN AUTRE REGARD

Vincent Cassel et Reda Kateb nous offrent deux belles performances. Plein d’amour et plein de colère face à un système négligeant les personnes en difficulté, mais qui met tout en œuvre pour arrêter leurs associations car « ils dérangent » vu qu’ils ne sont pas « en régles ». Oui, mais leur association est là où l’état n’est pas, pour ces adolescents autistes. Telle est la dénonciation derrière Hors Normes.

Hors Normes : Photo Reda Kateb, Vincent Cassel
Copyright Carole Bethuel /  Reda KatebVincent Cassel

C’est le genre de film qui mérite d’être regardé pour le message de solidarité qu’il porte et transmet. On en sort avec l’envie d’aider ces associations, on compatit au quotidien de ces familles, qui ne savent plus vers qui se tourner.

En plus d’être un beau film, Hors Normes est une leçon de civisme et de solidarité, de combat pour ce qui est juste et pas seulement nécessaire.

AUTISTES ET ACTEURS

Hors Normes : Photo Benjamin Lesieur
Copyright Carole Bethuel /  Benjamin Lesieur

Interviewé par Allo Ciné, les réalisateurs ont confirmé que les acteurs jouant les autistes, sont effectivement autistes.

« Eric Toledano et Olivier Nakache ont trouvé les autistes qui jouent dans Hors normes en « scannant » toutes les associations de Paris et de la région parisienne. Les cinéastes sont alors tombés sur Turbulences (compagnie artistique qui emploie des personnes présentant des troubles de la communication, autisme et troubles apparentés). Ils ont alors proposé un atelier de théâtre aux membres et dirigeants de cet ESAT (Etablissement de Service d’Aide par le Travail) logé dans un chapiteau à porte d’Asnières (17ème arrondissement). Il se rappellent :

Hors Normes : Photo Bryan Mialoundama, Reda Kateb
Copyright Carole Bethuel / Bryan MialoundamaReda Kateb

Eric Toledano et Olivier Nakache ont trouvé les autistes qui jouent dans Hors normes en « scannant » toutes les associations de Paris et de la région parisienne. Les cinéastes sont alors tombés sur Turbulences (compagnie artistique qui emploie des personnes présentant des troubles de la communication, autisme et troubles apparentés). Ils ont alors proposé un atelier de théâtre aux membres et dirigeants de cet ESAT (Etablissement de Service d’Aide par le Travail) logé dans un chapiteau à porte d’Asnières (17ème arrondissement). Ils se rappellent : « C’est dans cet atelier que nous avons rencontré Benjamin Lesieur, qui incarne Joseph. Doté d’une personnalité très attachante, il ne parlait pas ou communiquait d’une façon peu linéaire en citant des noms de chanteurs français ou en posant la même question plusieurs fois de suite : « Ils ont dit quoi à la météo pour ce soir ? ». On s’est vite rendu compte qu’il prenait du plaisir à ces ateliers. À un moment, nous avons agi avec lui comme avec n’importe quel acteur : nous lui avons proposé le rôle. Ses parents nous ont prévenus que ce serait compliqué, qu’il ne portait jamais de cravate, de ceinture ou de chaussettes et qu’il ne supportait pas qu’on lui touche la peau et les cheveux, mais ils étaient partants. Pendant 25 jours de tournage, nous lui avons mis une cravate, une ceinture, des chaussettes, nous l’avons maquillé et coiffé ! »

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