INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L’APPLICATION KARACAL

Charlotte et Hanna sont les fondatrices de Karacal, une application qui géolocalise des podcasts qui aident les gens à comprendre le monde qui les entoure.

QUI EST CHARLOTTE ?

Avant Karacal, Charlotte, 23 ans, a eu un parcours disons historique. Alors étudiante, elle se spécialise dans l’histoire des religions à la Sorbonne. Pour elle, c’est une passion qu’elle a depuis toujours. Puis un jour, elle fait une découverte.

« J’ai découvert le travail en équipe, le travail pour monter des projets. J’ai fait beaucoup d’associatif pendant les premières années de mes études. »

C’est comme ça qu’elle tombe dans l’écosystème start-up.

« En parallèle de ma 3e année d’études, j’ai commencé à travailler avec des associations qui étaient un peu dans les deux. Puis, j’ai été recrutée par la Sorbonne pour accompagner les étudiants vers leurs projets entrepreneuriaux jusqu’à ce qu’ils soient capables de rejoindre le programme d’incubation de la Sorbonne.« 

INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L'APPLICATION KARACAL

En Master, elle travaille sur la sexualité des anges dans la bible hébraïque. Elle est spécialisée dans le moyen-orient et l’Égypte antique également. Voyant plus ça comme un loisir, elle décide de faire un stage en start-up en même temps afin de voir si ça lui plait vraiment.

« Effectivement, je voulais voir si ça me plaisait vraiment avant d’aller en école de commerce. J’ai fait ce stage dans un incubateur. Ma tâche était de tester des idées business. On voyait s’il y avait une attraction et si c’était le cas, on lançait la boite.« 

Karacal vient de là n’est-ce pas ?

« Parmi les idées business, il y en avait une qui était dans le domaine un peu culture et sociétal. Là mon collègue me dit « mais tu n’as qu’à la monter toi puisque tu as fait de l’histoire ! » et c’est comme ça que j’ai lancé le projet. C’était il y a deux ans maintenant.« 

Charlotte est toujours étudiante en école de commerce et ça fait trois ans qu’elle travaille en parallèle dans l’écosystème. En ce qui concerne Karacal, cela fait un peu plus d’un an que l’application a vu le jour.

QUI EST HANNA ?

Hanna, 29 ans, a un parcours presque similaire à celui de Charlotte. À la sortie du lycée, elle se lance dans des études de droit et de l’histoire de l’art en même temps.

« Oui, les deux n’ont rien à voir, mais j’ai quand même trouvé des similitudes (rires).« 

Ensuite, elle travaille pendant 5 ans dans les ventes aux enchères d’objets d’arts, mobilier et expertise avant de faire une reconversion en 2018.

« Je suis parti du côté de la culture parce que je n’avais plus d’atomes crochus avec le marché de l’art et ses réalités. C’est-à-dire mettre des prix sur des œuvres et les vendre très cher. Du coup, je suis parti vers la culture parce que j’avais envie d’en parler, de la partager et de la rendre accessible.« 

INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L'APPLICATION KARACAL

C’est de cette façon qu’elle rejoint l’incubateur Redstart qui cherchait des personnes prêtes à porter des projets à terme.

« J’en ai trouvé un qui parlait de médiation culturelle, mais c’était très flou au départ. Je rencontre Charlotte sur un focus groupe dans lequel j’étais censé intervenir pour répondre aux questions de médiation culturelle et tout son jargon.« 

Entre elle et Charlotte, le courant passe si bien qu’elles décident de s’associer et de monter Karacal.

« Ça a vraiment bien fonctionné entre elle et moi. On a aimé travailler ensemble parce que nous avons vraiment pris le projet à bras-le-corps. Puis un jour, je lui ai demandé : »Vu comment on travaille sur ce projet, pourquoi on ne s’associerait pas ? Pourquoi nous ne prenons pas les rennes ? » Heureusement que je l’ai fait, car elle n’aurait jamais osé me le demander (rires)« 

L’ESSENCE DE KARACAL

En effet, avec des parcours à la fois différents, mais quelque peu similaires, Charlotte et Hanna se sont retrouvées sur un projet qui leur parlait à toutes les deux. Néanmoins, ce n’est pas commun pour des personnes qui ne sont pas amis à la base, de se lancer dans un projet de ce type.

Hanna : « Oui, nous n’étions pas copines au début. Dans le milieu des start-ups c’est souvent des amis qui ont une idée et décident de se lancer ensemble. Nous on s’est retrouvées parce que nous sommes des passionnées. Notre rencontre est purement professionnelle.« 

Karacal est avant tout une histoire humaine et internationale. Lors de cette interview, il manquait l’un de leurs associés, Wassim. C’est le chef technique de Karacal. Ils se sont rencontrés pendant le confinement et ont longtemps travaillé ensemble à distance avant de se rencontrer physiquement et de s’associer. L’équipe est composée de gens provenant de tous les horizons. De la Tunisie à la Suède, c’est un vrai meltingpot d’une dizaine de personnes. Mais d’où leur est venue cette idée de créer cette application ?

Charlotte :  » J’ai voulu créer Karacal pour deux raisons : D’abord parce que j’aime l’écosystème start-up et spécialement celui de Redstart. C’est un bel endroit pour créer un projet, un endroit où on construit des choses ensemble. Je voulais continuer à évoluer dans cet écosystème. Et bien sûr la deuxième raison c’est qu’il y avait un potentiel derrière l’idée, des tendances qui pouvaient changer des choses sur un certain marché. »

Tandis que Charlotte aime construire, monter des projets, Hanna aime la culture et le partage de celle-ci. Pour elle Karacal, c’est un travail qui lui plait et qui lui permet d’allier culture et vie d’entreprise.

Juste pour votre culture, est-ce que vous savez que le Caracal (aussi appelé Lynx du désert) est un félin largement répandu en Afrique et en Asie depuis le Moyen-Orient jusqu'au sous-continent indien ? Le Caracal est un genre de la sous-famille des félidés. Il ne comprenait auparavant qu'une espèce, le Caracal,  mais une étude de 2006 montre que le Chat doré d'Afrique en fait également partie. 

Hanna : « Je cherche toujours à faire en sorte que mon travail me plaise. J’ai créé une structure qui me plait et qui correspond à la façon dont j’envisage la société et l’entreprise et comment on l’améliore tous les jours.« 

MAIS QU’EST-CE QUE KARACAL AVEC VOS MOTS ?

Quand on a vu Karacal la première fois, on s’est dit que c’était une application culturelle qui géolocalise des lieux et monuments historiques et culturels tout en proposant des podcasts instructifs sur eux. Néanmoins, ce qui nous intéresse ici, c’est plutôt leur définition à elles.

Charlotte : « J’ai banni le mot culture de mon vocabulaire. Karacal aujourd’hui, c’est une application mobile qui géolocalise du son pour aider les gens à comprendre le monde qui les entoure. C’est une plateforme sociale, car ce sont des contenus générés par la communauté. La vision est d’aider à augmenter les lieux pour mieux comprendre la société, l’histoire des gens, des bâtiments et l’histoire de tout ce qui nous entoure. Que le numérique nous aide à nous connecter avec ça comme il le fait avec les élections américaines ou les désastres au Sri Lanka.

Un exemple. Aujourd’hui, on travaille avec des grands groupes du BTP qui ont des problématiques avec ça et qui font des podcasts autour de ça. Quand tu passes devant un viaduc ou un palais des Congrès, il y a des gens qui ont déployé des techniques fabuleuses pour résoudre des défis d’architecture délirants et en fait, on passe à côté et on ne le sait même pas.« 

INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L'APPLICATION KARACAL

Hanna : « Ça rejoint le savoir-faire aussi. Le savoir-faire est une bonne illustration de ce qu’on essaye de faire. Si on s’attache à lui, c’est quelque chose qui est vraiment à la frontière du tourisme, du patrimoine et de la culture. En ce moment, ils se demandent dans quelles cases ils rentrent. Ils sont en fait au carrefour des trois. Nous, on s’est dit que ce carrefour, c’est le côté sociétal. Ils impactent le quotidien des gens soit par le savoir-faire traditionnel, soit une technologie qui modifie le quotidien des gens sans que ces derniers ne s’en rendent compte. Nous, c’est ce que l’on veut mettre en avant sur Karacal, c’est ce savoir-faire, cette histoire derrière. »

Karacal est donc plus qu’une simple application. C’est la lunette qui permet de voir le monde avec du contenu augmentée sonore pour reprendre les mots de Charlotte.

ET SI ÇA N’AVAIT PAS ÉTÉ KARACAL ?

Hanna: « On est là aujourd’hui parce qu’on a fait des choix, mais on doit toujours se dire qu’il y a d’autres choix. Le monde évolue en permanence et il faut toujours être sûr d’être aligné. Il faut qu’il y ait du challenge. Il y a toujours une qui doit se dire « attends tiens faut prendre du recul ».

Charlotte : « Karacal a été plusieurs choses différentes. J’espère qu’elle ressemblera à la vision qu’on a en tête« .

QUE PENSENT VOS PROCHES AUJOURD’HUI DE VOTRE PROJET ?

L’avis des proches a toujours une certaine importance. Qu’ils vous soutiennent dès le départ ou plus tard, le regard des proches comptent. C’est une source de motivation qu’il faut savoir utiliser. Mais qu’en est-il des leurs ?

INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L'APPLICATION KARACAL

Hanna: « Mes parents font tous deux des métiers de passion, ils sont musiciens. Ils comprennent, et ils m’ont toujours poussé à me lancer dans quelque chose qui ne me pousserait pas au surmenage à 50 ans. Mon père en revanche, s’inquiète parce que je me lance dans une chose qui n’est pas stable selon lui, mais il me soutient. » 

On peut comprendre qu’avec la différence générationnelle, il y a des freins et des barrières. Pour nos parents, les termes comme « start-up » sont encore nouveaux, même s’ils nous soutiennent, ils ont encore du mal avec ça. On vit dans une ère qui diffère de la leur, mais l’important c’est qu’ils nous soutiennent.

QUEL IMPACT POUR KARACAL SUR LA SOCIÉTÉ ?

Charlotte : « Karacal est une plateforme sociale. On ne répond pas aux problèmes du monde. Cependant, on est une société qui a d’immenses défis dont la problématique suivante : se comprendre les uns et les autres. Enfin, il y a l’impact de la mission d’entreprise et l’impact que l’on a sur nos employés. On essaye de mettre en place plusieurs pratiques pour leur bien être. Des mesures qui les respectent. Puis, il y a les défis écologiques vu que nous sommes une société du numérique, donc on consomme beaucoup d’énergie. On va mettre en place des pratiques qui limitent notre consommation énergétique dans les années à venir par exemple.

Hanna : On veut que les choses se traduisent par des actes concrets. Ça fait partie des principes de base de Karacal. On est une entreprise qui veut aider les gens à comprendre ce qui les entoure pour qu’il y ait moins d’incompréhension. En effet, l’incompréhension c’est quelque chose qui crée beaucoup de mal-être dans une société. On veut moins d’anonymat au cœur de la société, donc plus de liens. Ce que l’on prône à l’extérieur, ici via l’application, on doit l’appliquer au sein de notre équipe. Sinon, ce serait malhonnête. En tout cas, c’est ce qui me fait lever le matin. Me dire que j’ai un but dans mon entreprise, c’est celui de faire comprendre le monde, alors il faut que j’accorde la même attention à ceux avec qui je travaille.

Vous l’aurez compris, derrière l’application Karacal, c’est deux entrepreneures passionnées que l’on trouve. Charlotte et Hanna ne sont pas simplement des cheffes d’entreprise, elles sont avant tout humaines. Cela se retrouve dans la vision qu’elles ont de leur application, mais également dans la gestion de leur équipe. On ne sait pas pour vous, mais chez CYM Press, on est des amoureux de culture et on a téléchargé l’application.

INTERVIEW : CHARLOTTE ET HANNA, FONDATRICES DE L'APPLICATION KARACAL

Karacal sur l’App Store et sur Google Play.

%d blogueurs aiment cette page :