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IL INVENTE LE SMILEY CONTRE 340€

Qui est Harvey Ross Ball ? L’inventeur peu connu du mondialement célèbre Smiley. Aujourd’hui, on vous raconte l’histoire derrière la création de ce symbole de la pop culture.

Nous sommes en 1963. Alors qu’Harvey Ross Ball est employé dans une firme d’assurance (State Mutual Lige Assurance Company), son patron lui demande de créer un symbole capable de booster le moral des employés. Lorsque The Associated Press lui avait posé la question de savoir comment lui était venue l’idée, il avait tout simplement répondu :

« J’ai fait un cercle avec une bouche qui sourit sur du papier jaune parce que c’est ensoleillé et lumineux. »

Harvey Ross Ball
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Harvey Ross Ball et son Smiley Face en 1963 © 9GAG

Sachez tout de même que le premier « smiley » est vieux de plus de 4,000 ans. Il a été découvert sur une poterie turque. De plus, il serait également présent sur des gravures sur pierre datant de l’époque médieval, mais aussi sur des lettres du 19e siècle.

LA SIMPLICITÉ ÇA PAYE…PAS TOUJOURS BIEN, AU DÉBUT

La conception du Smiley lui a pris 10 minutes et il a été payé $45 de l’époque soit €340 aujourd’hui. À ce moment, Harvey ne pouvait imaginer que son idée serait à jamais ancrée dans la culture Pop jusqu’à aujourd’hui.

Harvey Ross Ball lors d’une séance d’autographes en 1998 © Wikipedia

La compagnie est tellement fan du symbole qu’elle le met partout : posters, boutons pour les employés, pancartes, etc. Le buzz est tel qu’il est impossible de garder l’idée dans les locaux de la boîte. Cependant, ni la compagnie d’assurance, ni Harvey Ross Ball ne vont déposer le brevet.

FRANKLIN LOUFRANI FLAIRE LE BON COUP

C’est le journaliste français Franklin Loufrani qui sent le bon coup. En effet, en 1972, tandis qu’il travaille pour France-Soir, il en a assez des mauvaises nouvelles et décide de faire un symbole qui attire le lecteur vers les bonnes nouvelles du soir. Son visage jaune et souriant ressemble énormément à celui d’Harvey Ross Ball. Cependant, Loufrani est un entrepreneur dans l’âme et dépose le brevet en appelant le symbole, Smiley.

Première apparition du smiley © The Smiley Company

Aussitôt, il commence son business. Il laisse des marques telles que Levi’s ou les barres de chocolat Bonitos de la compagnie Mars et même d’autres journaux utiliser ce qui est maintenant sa propriété en échange d’un pourcentage sur leurs ventes.

En 1972, il touche 1 centime sur chacun des 10 millions d’autocollants distribués.

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Franklin Loufrani et son fils Nicolas © Le Dauphine

Aujourd’hui, c’est son fils, Nicolas Loufrani qui gère The Smiley Company. Chaque année, elle génère des centaines de millions de dollars en faisant payer toutes les marques qui veulent utiliser le smiley sur leurs produits. On parle de compagnies comme Zara ou Fendi pour ne citer que celles-là.

C’est tout de même fou de se dire, encore aujourd’hui, qu’une idée aussi simpliste ait rapporté tant d’argent et pourtant…Harvey Ross Ball n’en a pas profité.

PLUS QU’UN LOGO, UN SYMBOLE

Le Smiley est plus qu’un logo, c’est un symbole de joie, de bonheur, de liberté, et de bien-être. D’ailleurs, dans les années 70, il est vite accepté par les mouvements de contre-culture en France (Mai 1968) et aux États-Unis avec les hippies.

Une décennie plus tard, le Smiley devient populaire chez les raveurs, dans les boites de nuits. Il est associé à la drogue et la débauche. Les traditionalistes le pointent du doigt comme étant un symbole de rébellion. Il faut attendre 1996, lorsque Nicolas Loufrani décide d’en faire une marque, une vraie. Il protège le brevet dans plus de 100 pays. Cependant, il sent que les choses changent. La télécommunication évolue et Internet se développe.

LE SMILEY PASSE AU DIGITAL

Bien que l’utilisation des émoticônes remonte à 1982 et que le chercheur en informatique Scott Fahlman soit (soit-disant) le premier à les avoir utilisés : 🙂, Nicolas créé plus de 470 smiley différents en 1999.

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Scott Fahlman

« Nous avions un smiley qui faisait un clin d’oeil, un fâché, des smileys d’animaux, en fruits, des smiley de drapeaux, la Statue de la Liberté en smiley…il y avait des smileys pour tout.

Nicolas Loufrani au micro de The Hustle

Nicolas ne s’arrête pas là et lance SmileyWorld, un univers contenant tous les smileys qu’il a inventés. Entrepreneur comme son père, il les fait utiliser par Nokia et Samsung en 2001. Le smiley redevient tendance et Apple et Microsoft proposent les leurs peu de temps après. La suite, on la connait.

FRANKLIN LOUFRANI, UN VOLEUR D’IDÉES ?

Franklin Loufrani a souvent été vu comme étant un voleur d’idées. Des critiques qu’il a toujours rejeté :

« Quand on parle d’utilisation commerciale, il n’y a que l’enregistrement (NDLR : Auprès des entités agrées) qui compte. J’ai touché le gros lot ! »

Franklin Loufrani au micro du New York Times

D’un autre côté, Harvey Ross Ball, mort en 2001, à l’âge de 79 ans, n’a jamais regretté le fait de ne pas s’être enrichi grâce au smiley. Pour lui, sa création a accompli ce pour quoi elle a vu le jour. Selon son fils :

« Il n’était pas motivé par l’argent. Il avait pour habitude de dire « Hey, je ne peux manger qu’un steak à la fois ».

Worcester Telegram & Gazette
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Tombe d’Harvey Ross Ball © Findagrave

Source : Le Dauphine / CNN / CNBC / The Hustle

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