JO M’BOUROUKOUNDA : 1ER GABONAIS AUX JO

Jo M’bouroukounda est le tout premier athlète et boxeur gabonais ayant participé aux Jeux Olympiques. C’était à Munich en 1972.

LES DÉBUTS DE JOE M’BOUROUKOUNDA

Tout commence à l’âge de 8 ans, dans son école au Fernan Vaz dans la province de l’Ogooué-Maritime. Le jeune « Jo » comme on l’appelle affectueusement, est en permanence brimé, moqué et insulté par les autres élèves. De plus, le fait qu’il ne parle pas français et s’exprime seulement en Gisir, n’arrange pas les choses.

Joe M’bouroukounda est plutôt chétif de nature, ce qui en fait une cible facile. Cependant, très vite, il veut changer la donne. Il se met à muscler son corps, ce qui renforce sa charpente. Dès les premiers résultats, ses camarades lui fichent la paix. Il comprend alors que seuls les costauds méritent le respect. C’est ainsi que la boxe devient pour lui un moyen de se défendre face à l’harcèlement de ses camarades.

En 1953, Joe obtient son brevet d’études primaires avant d’être admis à l’École des beaux-arts de Brazzaville. Après trois ans d’études, il décroche son diplôme. En 1956, il regagne le Gabon et enseigne les arts plastiques à Libreville. En parallèle, il continue ses activités sportives au Boxing Club de la capitale.

JOE SUR LE RING

Très vite, il développe un amour pour la boxe. Dès 1960, il s’illustre dans un tournoi où sont conviés les chefs d’État d’Afrique équatoriale française. Ce tournoi à lieu a Tananarive. Sur le ring, aucun de ses adversaires ne peut lui résister. Le président du Gabon à l’époque, Léon MBA, est aux anges. Joe M’bouroukounda fait ses premiers pas dans la légende. En revanche, la consécration ne vient qu’en 1965, lorsqu’il obtient la médaille de bronze aux championnats d’Afrique.

Pour Joe, le moment est venu alors de viser l’international. En effet, ce dernier rejoint le club Marcel Cerdan et se fait remarquer par son intelligence, ses qualités de puncheur, sa technique et un charme indéniable. Dans toute l’Europe, il ne subit aucune défaite. Cependant, le président Léon MBA craint sans doute de le perdre et lui demande de rentrer au Gabon. C’est comme ça qu’il se retrouve à défendre les couleurs du Gabon aux premiers Jeux Panafricains de Brazzaville.

Au lendemain des indépendances, le président Léon MBA l’envoie en France poursuivre ses études d’art et se perfectionner dans le « noble art », cette boxe qu’il aime tant. Ses études sont brillantes, mais le climat ne lui convient pas. Joe regagne le Gabon en 1967. En 1972, il devient le premier athlète gabonais aux Jeux Olympiques, défendant haut et fort le vert, le jaune et le bleu.

CLAP DE FIN POUR M’BOUROUKOUNDA

Malgré cet exploit, Joe M’bouroukounda raccroche très vite les gants avec amertume. En effet, il dira à cette époque être déçu par le comportement des dirigeants fédéraux. Cependant, il reste fier de ce qu’il a accompli en si peu de temps. Joe est une légende du sport gabonais au même titre que Jean-Rémi Mackaya ou Basile Yondoko. Il est décédé le 25 septembre 2017 à l’âge de 79 ans.

Joe M’bouroukounda à droite © Union

Source : L’union, les-sports, Comité National Olympique du Gabon

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