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JOKER : UN CHEF-D’ŒUVRE PERTURBANT ET CRU

Joker

Joker, sans doute le film le plus attendu de cette fin 2019. Et pour cause, ce personnage emblématique de DC Comics fascine tant par sa folie que par sa complexité. Joaquin Phoenix avait ici la lourde tâche de reprendre le flambeau et d’interpréter ce rôle si intense et complexe. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa mission est amplement accomplie…

Joker

« Ma mère me dit toujours de sourire, et de faire bonne figure. Elle m’a dit que j’avais une mission : apporter du rire et de la joie au monde ». Telle est l’éternelle rengaine du protagoniste de ce drame psychologique. Dans un Gotham des années 80, Arthur Fleck, clown de métier, s’efforce de paraître heureux aux yeux de tous. Pourtant, il souffre d’une maladie mentale qui l’oblige à laisser échapper un rire tonitruant, peu importe la situation. Incompris et moqué, il mène ainsi une vie minable dans un appartement miteux qu’il partage avec sa mère. Un soir, dans le métro, il se fait agresser par trois hommes, ce qui le pousse à les tuer. Ce geste alors salué par les citoyens et condamné par les riches de Gotham le mènera à la folie, à l’issue de laquelle il découvrira sa véritable personnalité : celle du Joker…

QUAND LE RIRE EST SYNONYME DE MAL-ÊTRE…

Avez-vous déjà entendu un rire qui glace le sang ? Le personnage d’Arthur Fleck semble totalement perdu lorsqu’il s’agit de rire et d’interagir avec les autres. La preuve, lorsqu’il assiste au stand-up d’un humoriste, son rire perçant envahit toute la salle, uniquement lorsque le reste des spectateurs se tait. Le problème est qu’Arthur Fleck n’est pas heureux, au contraire, il ne connaît pas ce sentiment. Comme il l’avoue à sa mère, il n’a jamais été heureux… Et pourtant, paradoxalement, ce dernier rit tous les jours. Ce rire, marque de fabrique du Joker des comics, survient ici n’importe quand… Mais surtout jamais au bon moment, selon les codes dictés par la société.

Joker sourire
Quand un sourire cache en fait une peine immense…(Joker, 2019)

Pour Arthur Fleck, c’est ici que repose le cœur du problème. Comme il l’écrit dans son journal, « le pire dans une maladie mentale, c’est que les gens s’attendent à ce que vous agissiez comme si vous n’en aviez pas ». Il ne saisit pas l’humour de la société, tout comme la société trouve son humour déplacé, malsain… Arthur Fleck dénonce le fait de ne pas pouvoir être différent, dans cette société où les riches gouvernent et les pauvres subissent.

Le plus intéressant dans ce drame psychologique, c’est l’évolution du personnage principal, Arthur Fleck. Avant de devenir le Joker, Arthur Fleck subit sa vie minable et se retrouve perdu avec lui-même. Il va au travail où ses collègues le méprisent, se moquent ou ont même peur de lui. Puis se rend chez une psychologue, payée par la ville, afin d’obtenir les ordonnances pour les sept traitements différents qu’il suit. Enfin, il rentre chez lui et doit s’occuper de sa mère qui ne cesse de se morfondre sur son ancien patron, un certain…Thomas Wayne ! Arthur est triste au fond de lui, mais se force à sourire et à rire pour rentrer dans le moule de la société et faire plaisir à sa mère qui le surnomme « joyeux » et exige de lui qu’il sourît le plus souvent possible.

LA GENÈSE DU JOKER

Joker

Lorsqu’il tue ces hommes dans le métro, Arthur réalise que face à l’horreur, il n’éprouve aucun remord. Pire, il hésite entre le rire et l’indifférence la plus totale… C’est à ce moment donc, qu’Arthur Fleck s’efface pour laisser peu à peu la place au Joker. Mais revenons à Thomas Wayne. Eh oui, finalement même si ce film porte sur le Joker, l’ombre de Batman n’est jamais bien loin. Thomas Wayne, à cette époque, souhaite se présenter à la mairie de Gotham et assure même être « le seul espoir des citoyens ».

Joker
Un rire peut devenir une souffrance s’il n’est ni contrôlé, ni souhaité…(Joker, 2019)

Ce qui est intéressant ici, c’est de voir le personnage de Thomas Wayne à travers les yeux d’Arthur Fleck. Thomas Wayne, dans les comics ou autre adaptation de Batman, a toujours été cet homme d’affaire altruiste et ce père rassurant. Pourtant, ici, il apparaît comme quelqu’un d’hautain et présomptueux qui déclare que les citoyens de Gotham sont tous « des clowns ». C’est d’ailleurs cette déclaration, couplée au triple meurtre d’Arthur Fleck, alors grimé en clown, qui déclencheront une révolte violente et sanguinaire au cœur de Gotham.

La descente aux enfers ou la révélation de sa vraie nature pour Arthur Fleck…(Joker, 2019)

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UN JOAQUIN PHOENIX À COUPER LE SOUFFLE

Le Joker est un chef-d’œuvre. Un drame psychologique porté par son acteur principal, Joaquin Phoenix. Outre la transformation physique impressionnante, due au régime strict de l’acteur, sa performance est sans égale. Pourtant, au premier abord, il était difficile de s’imaginer Joaquin Phoenix en Joker tant ce rôle est emblématique. Entre Jack Nicholson en Joker déjanté, Heath Ledger en torturé et Jared Leto en édulcoré, pas simple de se faire une place.

Joaquin Phoenix incarne un Joker perturbant, froid et plongé dans la folie… (Joker, 2019)

Cependant, Joaquin Phoenix a su apporter une nouvelle facette au personnage si complexe du Joker. Tout d’abord, son regard se veut tantôt perçant comme s’il lisait en chacun de nous et tantôt fuyant, tourné vers le ciel comme s’il cherchait désespérément l’issue de son mal-être. Son rire, ensuite, qu’il arrive à stopper net prouve sa maîtrise totale au cœur de l’incontrôlable. En fin de compte, le Joker ici, c’est un homme qui n’a foi en rien, qui ne croit en rien… Il ne suit aucune règle.

Joker

Mention spéciale à Frances Conroy qui campe le rôle de la mère d’Arthur Fleck, perdue et aux pensées délusoires. Robert de Niro, quant à lui, incarne Murray Franklin, présentateur d’un talk-show, et assènera le dernier coup à Arthur Fleck. En effet, en se moquant de ce dernier et en le surnommant Joker, il précipitera ainsi la fin apocalyptique et sanglante du film en faisant naître le Joker.

Après avoir réalisé les Very Bad Trip ou encore Projet X, Todd Philipps est clairement sorti de sa zone de confort en proposant un film froid, cru et terriblement perturbant. Joker est un film unique en son genre qui ne laisse pas indifférent. À ne pas manquer, mais âmes sensibles s’abstenir…

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