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INTERVIEW : KARL, PROGRAMMEUR DE BWELI TRIBE À ACL

Parmi vous certains le connaissent sous le nom @jonNuggets sur Twitter, d’autres l’appellent Guenky et les plus proches, Karl. Il nous parle de son amour pour la programmation qui le promène entre ACL et Bweli Tribe.

On aurait pu vous demander à ses proches de le décrire pour nous, mais on a préféré lui demander s’il pouvait le faire en trois mots :

Humaniste, passionné et dévoué.

Pour ça, Karl a toujours été dévoué et passionné par l’informatique. Un domaine dans lequel il excelle aujourd’hui, mais qui n’a pas été son premier choix. Comme beaucoup d’entre nous, il a suivi un cursus différent pour ne pas décevoir la famille avant de prendre la bonne décision pour lui :

J’ai fait Pharmacie et Maths avant de faire Informatique. Pourquoi ? Pharmacie pour plaire à ma mère. À mon époque (avant le LMD et la Licence Informatique), pour aller en Ecole d’Informatique, il fallait avoir un DEUG MIAS. J’ai raté ma 2e année de Maths et l’année suivante, j’ai pu m’inscrire en 2e année de Licence Informatique, ce que je fais depuis.

De ce parcours, il en tire une leçon qu’il n’hésite pas à partager avec nous :

Une leçon à tirer ? Dès lors que j’ai trouvé ce que j’aimais, j’ai réussi sans trop d’effort. Malgré mon parcours au secondaire exceptionnel, j’ai toujours envisagé l’échec. Du coup, je n’ai jamais été effondré après un échec scolaire.

LE KARL VINCI CODE

Si vous suivez Karl sur Twitter, vous verrez qu’il parle beaucoup de coding. C’est l’anglicisme de programmer. Programmer, c’est donner à la machine des instructions pour qu’elle réalise une tâche :

Je code depuis que je suis au lycée. J’avais une calculatrice Texas Instrument TI-80. Je m’amusais déjà à écrire des programmes pour calculer la moyenne ou encore pour résoudre des systèmes d’équations. C’est ce que j’ai toujours voulu faire. Je n’ai jamais aimé étudier. L’informatique c’est l’apprentissage par la pratique. J’ADORE.

Venant du Gabon, Karl pense que l’Afrique peut apporter beaucoup dans la programmation mais selon lui, elle a encore du travail à faire :

Effectivement, il y a énormément à faire. Autant dire qu’on est à l’ère du papier encore. J’ai travaillé dans l’administration (au Gabon) et je peux vous dire clairement que la numérisation est le dernier de leur souci.

UN PÈRE FONDATEUR DE BWELI TRIBE

En plus d’être programmeur, il est à l’origine d’un des sites de musique urbaine africaine francophone les plus fréquentés, Bweli Tribe. Pour CYM Press, il a accepté de nous en dire plus sur ses origines.

Un vendredi après-midi d’été 2015, on se retrouve avec les twittos (à l’époque c’était juste des twittos) au Studio WE Upgrade. On connait tous un peu Owoninho et Fritz. Donc en passionnés de musique, on écoute un peu les projets en cours et tout… En partant, Owoninho lâche un « Mais vous là ! Vous avez au moins 15k abonnés quand on vous réunit. Pourquoi vous ne faites pas un site de musique ? »… And then…

Parti d’une simple phrase, Bweli Tribe est maintenant une des références pour tous les chanteurs urbains francophones de l’Afrique sub-saharienne. Cependant, le rôle de Karl est assez complexe, car il n’a pas de rôle à proprement parlé. Chez Bweli Tribe, ils sont tous des touches-à-tout.

Nous n’avons pas vraiment de rôle défini. Il y a des taches à faire et celui qui peut les faire, les fait. Évidemment on s’impose une certaine rigueur derrière. Disons que celui qui vient avec une nouvelle idée à le lead là-dessus. Pour l’écriture des articles par contre, celui qui nous botte les fesses c’est Clancy.

ACL, SON AUTRE BÉBÉ

Karl est un homme qui n’arrête pas ! En plus de Bweli Tribe, il travaille avec et pour ACL : A Creative Lab. C’est une agence digitale qu’il gère avec ses collaborateurs qui résident un peu partout sur le globe.

ACL : A Creative Lab. C’est notre bébé digital. On fait plus ou moins tout ce qui est lié au contenu et à la transformation digitale. C’est en réalité un prétexte pour travailler / découvrir des talents africains.

La distance n’est pas un problème en soi pour le travail d’équipe, c’est la communication et le partage de l’information qui sont les éléments les plus importants.

On se parle TOUS LES JOURS. Honnêtement, je pense que le présentiel est superflu. Ce qui est important c’est la communication. Que l’information qui entre dans l’oreille de Keiry ou Andrée arrive à la mienne. Le reste c’est juste du nice to have.

On a l’impression comme ça, mais Karl n’est pas un amoureux des projets. Il ne se lance que dans ceux qui ont vraiment du sens pour lui :

La plupart des projets que je choisis de porter ont un aspect éducatif. Comme j’ai fait avec Kaboyeri des ateliers pour faire découvrir aux enfants les rudiments du code par exemple… Lorsque l’on prend BweliTribe dans nos articles, on essaie de partager ce qu’on sait de la musique. Effectivement ce sont nos avis et nous ne sommes pas des journalistes, mais nous espérons qu’ils influencent certains.

On a eu l’impression avec l’avènement de la Ntcham (une danse gabonaise) que la boite de Pandore était ouverte et que les gens acceptaient tout et n’importe quoi. On essaie aussi de donner aux artistes les instruments pour mieux se promouvoir en indiquant des stratégies… Ils ne comprennent pas toujours l’effort.

« JE NE SUIS PAS UN ENTREPRENEUR »

De nos jours, on associe vite le mot projet à entreprenariat, ce qui n’est pas obligatoirement le cas. Karl ne se considère pas comme un entrepreneur, mais plutôt comme une personne qui a des idées et qui essaie avec les moyens qu’il possède de les matérialiser, de les faire évoluer. Il n’a pas comme objectif premier de se faire de l’argent même s’il admet que pour faire fonctionner ces projets, il faut un minimum d’entrées.

Comme dit plus haut, Karl n’a jamais eu peur de l’échec et c’est comme ça qu’il fonctionne depuis :

Je marche à l’itération. Je me trompe et je recommence. Encore et encore…

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