LE COVID-19 COÛTE CHER AUX ATHLÈTES AFRICAINS

Le monde de l’athlétisme est grandement affecté par le coronavirus, mais comment les athlètes africains gèrent la situation financièrement ?

Tous les sports ont été touché par la pandémie du coronavirus. Tous sans exception. Cependant, celui dont on ne parle pas assez, c’est l’athlétisme. Avec toutes les compétitions annulées, comment les athlètes africains vivent cette période difficile pour le monde et le monde du sport ?

SANS COMPÉTITION, IL N’Y A PAS D’ARGENT

Le coronavirus a forcé l’annulation ou le report à 2021 de nombreuses compétitions d’athlétisme. Ces dernières sont le gagne-pain de ces athlètes. S’il n’y a pas d’épreuves, ils ne gagnent pas d’argent, sauf pour ceux qui ont des sponsors. Malheureusement, ils sont nombreux à ne pas en avoir. C’est ce qu’explique Fabrice Zango (Burkina Faso), médaillé de bronze en triple saut aux championnats du monde d’athlétisme 2019.

« Je connais des athlètes africains qui n’ont pas de sponsors et qui voyagent généralement en Europe pour concourir et obtenir de l’argent. Avec les compétitions annulées, cela va leur nuire, car ils n’auront pas ces revenus pour les aider à se préparer pour l’année prochaine.

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COMMENT GAGNENT-ILS DE L’ARGENT ?

Il y a trois façons de gagner de l’argent quand on est coureur :

  • Les sponsors
  • Des prix en argent et/ou des bonus de courses en fonction du classement ou de la vitesse
  • Les primes d’apparition

En clair, pas de courses, pas d’épreuves donc pas d’argent pour les athlètes africains. Avec les Jeux Olympiques reportés, ils passent à côté de médailles potentielles et de sommes d’argent non-négligeables. En effet, plus vous êtes performant, plus vous gagnez d’argent. On ne parle même pas de la prime de participation à la compétition. On aura compris, la compétition est vitale pour eux, contrairement aux sportifs sous contrat annuel comme les footballeurs.

« En ce qui concerne l’athlétisme, par rapport à d’autres sports, nous sommes fauchés », dit-elle. « Le football est très glamour, et les joueurs font beaucoup d’argent. Pour ce que je fais dans la vie, je ne peux pas m’asseoir sur le banc et être payé – mais un footballeur le peut. « Si je veux gagner de l’argent, je dois me présenter et concourir. Il y a des compétitions où si vous prenez un mauvais départ, vous ne recevez pas vos frais de comparution, ou vous obtenez la moitié si vous ne terminez pas la course. »

Blessing Okagbare, sprinteuse (Nigéria) – BBC SPORTS AFRICA

LES SOMMES VARIENT SELON LES DISCIPLINES

Toutes les disciplines ne rapportent pas les mêmes sommes en athlétisme. Cela peut être très inégal et bien évidemment, toutes les fédérations sportives ont leur propre grille tarifaire.

Prenons la Diamond League par exemple. Elle aurait dû avoir lieu au Qatar dès le 17 avril 2020. La voilà maintenant reportée. Le coureur (800m) du Botswana Nijel Amos était sûr de recevoir 20 000 $ juste pour sa participation. Cela est aussi dû à son statut de médaillé d’argent des JO de 2012.

Pour les marathons, les prix varient de 1 000 $ à 100 000 $ selon la renommée de la course et la position finale du coureur. Si on parle du marathon de Londres, les athlètes Élite concourent pour un total de 313 000 $. Les champions masculin et féminin repartent chacun avec 55 000 $. Les 12 meilleurs temps remportent 1 000 $ par personne plus les primes liées à leurs sponsors.

ET LES SPONSORS ?

Certains athlètes africains ont la chance d’avoir des contrats avec des équipementiers. Ces accords varient entre 5 000 $ et 100 000 $ en général. Le problème est que lorsque l’on commence à gagner de l’argent, notre style de vie évolue. Est-ce que 5 000 $ pour un athlète qui vise le sommet, c’est suffisant ? Les plus malins ont épargné grâce à leurs contrats, mais ceux qui n’en ont pas, se trouvent dans une situation compliquée.

Source : BBC SPORTS AFRICA

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