LES MISÉRABLES : BON FILM, MAIS TROP MANICHÉEN

Quatre fois récompensé aux Césars 2020, Les Misérables, n’est pas aussi excellent qu’on pourrait le croire. Sa superbe réalisation ne fait pas oublier son scénario vu et revu.

Dans le film, les Misérables, on suit trois policiers membres de la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil dans le 93. Alors qu’ils procèdent à leur patrouille quotidienne, ils commettent une bavure qui va plonger dans le chaos une cité déjà à cran depuis longtemps.

© Les Misérables, le film

LES MISÉRABLES : ENTRE FILM ET DOCUMENTAIRE

Dès les premiers plans, on sent le travail de Ladj Ly et de toute son équipe. À la limite entre le documentaire et le film, Les Misérables, se veut immersif. Les plans sont souvent rapprochés. On est soit dans le dos des protagonistes ou dans leur visage. L’effet de proximité est permanent et contribue à donner au film un côté anxiogène.

Toutefois cette immersion nuit au film dans son ensemble. En effet, on peut avoir cette impression d’être face à un documentaire ou une émission type Enquête Exclusive sur les banlieues. C’est le côté « caméra à la main » qui fait ça. Pourtant bon dans son déroulement et dénouement, le film tombe malheureusement dans les clichés bien connus de ce genre de film.

© Les Misérables, le film

UN SCNÉARIO DÉJÀ VU ET REVU

Dans le fond, Les Misérables ne réinvente pas le film de banlieue comme La Haine par exemple. Ici, on a des flics ripoux et des gentils, jeunes pour la plupart, qui ne sont que les victimes de l’oppression policière. C’est un peu manichéen vous ne trouvez pas ? C’est pourtant ce que l’on retient.

Ladj Ly nous embarque dans une histoire durant laquelle, les personnages principaux ne fonctionnent que d’une seule façon. On ne prend pas trop le temps de nous expliquer pourquoi ils agissent comme ça. Qu’ont-ils fait dans leur passé ? Pourquoi sont-ils tous plein de haine ?

Le film, Les Misérables essaye de montrer un autre visage des habitants de la banlieue. Il n’y a pas que des racailles, mais aussi des habitants qui essayent de s’en sortir, qui prônent la paix et la tolérance. Sauf que ceux-là, on ne les voit pas suffisamment et le film replonge vite dans les préjugés et les stéréotypes. C’est dommage. À croire qu’en banlieue, on est l’un ou l’autre et le juste milieu n’existe pas.

Ladj Ly, réalisateur du film Les Misérables ©

REGARDEZ-LE QUAND MÊME

Cependant, soyons honnêtes. Les Misérables, une fois placé dans son registre de film policier sur la banlieue, est très bon au niveau de la réalisation. De ce côté, il n’y a vraiment pas grand-chose à redire. Ce que l’on déplore le plus, est un manque de profondeur au niveau du scénario. De plus, les personnages principaux auraient pu bénéficier d’un travail d’écriture plus approfondi. Ils sont beaucoup trop simplistes et donnent le sentiment de n’avoir qu’une seule émotion, la colère.

Est-ce que Les Misérables restera dans les esprits du public dans 15-20 ans ? Probablement pas. Néanmoins, il vaut le détour, rien que pour la façon dont la montée de la tension au sein de la cité est représentée. Sur ce coup-là bravo !

© Les Misérables, le film

Les Misérables est disponible en VOD.

%d blogueurs aiment cette page :