Cinéma / Séries

MIDSOMMAR : UN DRAME NORDIQUE PERTURBANT

La Suède : ses jolies femmes blondes, ses paysages naturels époustouflants, son charme nordique et…son festival immoral et sanglant ! Midsommar, c’est la surprise de cet été. Bonne ou mauvaise, on vous laisse choisir, mais c’est certain, ce film d’horreur fait parler tant ses scènes sont crues et étonnamment violentes. Une semaine après la sortie de ce thriller, plongée au cœur de l’horreur d’un culte païen suédois.

Midsommar
Une communauté qui semble si paisible et pacifique…(Midsommar, 2019)

Du gore pur et dur. Midsommar, c’est une expérience à part entière. Un film étonnant et atypique, qui prend la voie du gore et de l’horreur, malgré un décor estival fleuri. Après avoir appris le décès de ses parents et de sa sœur, dans des circonstances particulièrement atroces, Dani a alors bien besoin d’une pause. Le voyage en Suède organisé par un ami tombe donc à pic. Les paysages verdoyants de la Suède estivale, une communauté en plein festival nordique, de la musique et des chants…en bref, rien ne semblait indiquer que ce séjour allait mal tourner. Et pourtant… Ces vacances insouciantes et conviviales se transforment bien vite en culte païen déroutant et sordide.

Midsommar

DES SCÈNES GORES AU SERVICE DU « FOLK HORROR »

Il n’y a pas à dire, ce ne sont pas les scènes gores et dérangeantes qui manquent dans Midsommar. Et pour cause, le film s’appuie notamment sur le folklore surnaturel suédois et scandinave, ce qui le rend authentique et donc d’autant plus terrifiant. Sous-genre du cinéma d’horreur, le folk horror s’inspire ainsi des traditions païennes européennes mêlant souvent sorcellerie, rituels sataniques et communion avec la nature. Ici, par exemple, « Midsommar » est un festival culte suédois qui se déroule tous les 90 ans. Notons que le réalisateur américain Ari Aster avait d’abord hésité avant de faire ce film. En effet, Midsommar est en premier lieu une commande d’une boîte suédoise qui souhaitait un break-up movie. Ari Aster, alors lui-même en pleine rupture, s’est inspiré de son propre ressenti pour réaliser ce drame.

Midsommar
Christian (Jack Reynor) et Dani (Florence Pugh) semblent commencer à réaliser dans quel culte, ils se sont laissé entraîner. (Midsommar, 2019)
Midsommar

Dans Midsommar, les drogues sont omniprésentes dans une ambiance hippie nordique. Pas étonnant donc de voir les fleurs respirer sur les cheveux de Dani ou encore les visages des convives se déformer lorsque Christian, son petit ami, est en bad trip. Pourtant, l’euphorie et la confusion font rapidement face à l’horreur lorsque deux membres de la communauté offrent leur vie en se jetant d’une falaise. Et Ari Aster ne nous épargne pas les détails en filmant les actes les plus violents, sanglants mais aussi sexuels. Notamment avec cette scène particulièrement dérangeante et folle où Christian doit enfanter Maja, une jeune fille de la communauté. Maja ensorcèle Christian afin qu’il ne résiste pas à son charme et lui donne ainsi rendez-vous dans une grange. Là, elle l’attend entièrement nue et entourée de femmes (elles aussi nues) prêtes à reproduire les moindres sons sortant de la bouche de la jeune femme.

Midsommar
Maja (Isabelle Grill), envoûtante et menaçante. (Midsommar, 2019)

DES PERSONNAGES PEU ATTACHANTS, MAIS DES ACTEURS CONVAINCANTS

Tout d’abord, Florence Pugh, la future Black Widow de Marvel, incarne une Dani, aussi fragile et agaçante que possédée et intense. Effectivement, tout au long du film, Dani semble torturée et sur le point de craquer. Tout lui échappe, ses parents, sa sœur, sa relation avec Christian… Pourtant, à la toute fin du film, durant une scène particulièrement violente et insensée, un sourire serein se lit sur son visage. Comme si elle avait eu besoin de voir le pire pour se libérer de ses anciens démons. Jack Reynor (Transformers : l’âge de l’extinction) lui, a pris le rôle de Christian. Séduisant et attachant en petit-ami dépassé par la souffrance chaotique de Dani, il s’éloigne ensuite du spectateur pour devenir un étranger à nos yeux. Plus le film avance, plus il devient repoussant. Il sera d’ailleurs le clou du spectacle de la dernière scène du film, choquante et inoubliable.

Midsommar
Midsommar
Midsommar, c’est avant tout l’histoire d’une rupture, la rupture entre deux êtres, mais également la rupture interne entre ce que l’on connaît et ce que l’on découvre. (Midsommar, 2019)

Les autres personnages du film sont tous marquants mais pourtant, le spectateur se sent totalement détaché d’eux. L’horreur est tellement présente, le sang et la violence tellement poussés à leur paroxysme qu’il en devient difficile d’éprouver de l’empathie pour des personnages, pourtant en souffrance. Mention tout de même à Will Poulter (The Revenant, Black Mirror : Bandersnatch), agaçant dans son rôle d’américain égoïste, timide avec les jolies suédoises.

Midsommar
Will Poulter (Midsommar, 2019)

Midsommar, c’est le genre de film qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie. Aussi intéressant qu’écœurant, une chose est sûre, ce film ne laisse pas indifférent. Nombreux sont les moments où les spectateurs se surprennent à rire, gênés, tant les scènes réalisées sont folles. À voir pour les plus curieux et aventureux d’entre nous ou pour les amateurs de gore à l’état pur.

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