NBA : 5 MVP LES PLUS CONTESTÉS DE L’HISTOIRE

Chaque année, le MVP suscite des débats, parfois virulents entre fans. Nous avons sélectionné les 5 des MVP les plus contestés de l’histoire de la NBA.

1 – BILL RUSSELL DEVANT WILT CHAMBERLAIN ET OSCAR ROBERTSON (1961-162)

  • Bill Russell : 18,9 points, 23,6 rebonds, 4,5 passes décisives, 15,5 parts de victoire
  • Wilt Chamberlain : 50,4 points, 25,7 rebonds, 2,4 passes décisives, 23,1 parts de victoire
  • Oscar Robertson : 30,8 points, 12,5 rebonds, 11,4 passes décisives, 15,6 parts de victoire
Wilt Chamberlain & Bill Russell

Tout d’abord, il faut avouer que c’est un choix difficile pour les votants qui n’étaient autre que les joueurs de la ligue. La ligne de statistiques de Wilt Chamberlain est tout simplement irréelle et on n’a jamais rien vu de tel depuis. Oscar Robertson réalise la première saison en triple-doublede l’histoire. Une chose que l’on ne verra que 55 ans plus tard grâce à Russell Westbrook. Alors comment, Bill Russell qui n’est ni le meilleur rebondeur, marqueur, passeur des trois, remporte le MVP ? Il y a deux saisons historiques la même année, mais aucune n’est récompensée.

Alors certains parlent du fait que Bill Russell est déjà respecté pour son idéologie. Mettre l’équipe avant le succès individuel. Néanmoins, cette année-là, les Celtics de Russell terminent avec 60 victoires contre 49 pour les Philadelphia Warriors de Chamberlain. Quant aux Cincinnati Royals de Robertson, ils accumulent 43 victoires.

En termes de parts de victoire, Bill Russell est 3e de ce podium, à 8 parts de victoires de Wilt Chamberlain (23.1). Si l’on ajoute le côté historique de ses statistiques, il est difficile de ne pas donner le MVP à Chamberlain. Toutefois, est-ce que le meilleur joueur de la ligue peut terminer à 49 victoires ?

2 – KARL MALONE DEVANT MICHAEL JORDAN (1996-1997)

  • Karl Malone : 27,4 points, 9,9 rebonds, 4,5 passes décisives, 16,7 parts de victoire
  • Michael Jordan : 29,6 points, 5,9 rebonds, 4,3 passes décisives, 18,3 parts de victoire
Michael Jordan et Karl Malone

Alors que MJ est élu MVP presque à l’unanimité en 1996, ses stats baissent légèrement la saison suivante. En face, Karl Malone n’a pas de stats vraiment supérieures à celles de MJ, d’autant plus qu’il marque moins de points, mais prend plus de rebonds du fait de son poste et taille.

Ce que l’on peut conclure est que les médias étaient fatigués de voir Jordan remporter le MVP, sans parler des scandales de paris, etc. Il fallait un nouveau vainqueur pour rafraîchir les choses et faire vendre peut-être. Qui sait ? Et puis, Malone a aidé Utah à avoir le meilleur bilan de leur histoire sur une saison. Vous voyez où l’on veut en venir ? Quoi qu’il en soit, Michael Jordan remportera le MVP en 1998. Une façon pour les médias de s’excuser ?

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3 – ALLEN IVERSON DEVANT SHAQUILLE O’NEAL (2000-2001)

  • Allen Iverson: 31,1 points, 4,6 passes décisives, 2,5 interceptions, 11,8 parts de victoire
  • Shaquille O’Neal: 28,7 points, 12,7 rebonds, 2,8 contres, 14,9 parts de victoire
Shaquille O’Neal & Allen Iverson

Cette année-là, Shaq rate le double MVP de peu. En effet, il est le MVP de la saison 1999-2000, mais entre cette saison et celle de 2000-2001, ces stats baissent légèrement. Les médias ont peut-être vu là, une raison de donner le trophée à Allen Iverson. Le meneur des 76ers portent l’équipe à la tête de la conférence Est avec 56 victoires. À noter que c’est le même nombre de victoires que les Lakers à l’Ouest cette même saison.

On peut dire que dans ce cas de figure, l’histoire, la narration, autour de l’épopée des 76ers vers le sommet de la NBA est plus belle et vendeuse que celle des Lakers. De plus, Allen Iverson marque plus de points en moyenne que Shaq, mais O’Neal est bien plus adroit et efficace. Le destin fera en sorte qu’ils se rencontrent en Finales NBA. Là-bas, Shaquille O’Neal repartira avec le MVP des finales (33 points, 15,8 rebonds, 4,8 passes et 3,4 contres) devant un Iverson tournant à 35,6 points, 5,6 rebonds et 3,8 passes sur 5 matchs.

4 – STEVE NASH DEVANT KOBE BRYANT (2005-2006)

  • Steve Nash: 18.8 points, 10,5 passes décisives, 44 % 3-points, 12,4 parts de victoire
  • Kobe Bryant: 35,4 points, 5,3 rebonds, 4,5 passes décisives, 15,3 parts de victoire
Kobe Bryant & Steve Nash

Nombreux pensent que Kobe Bryant s’est fait voler le titre. Cependant, cette saison est assez spéciale. Tout d’abord le MVP ne joue pas dans la meilleure équipe de la ligue, car les Phoenix Suns ont le 3e meilleur bilan, mais Kobe n’a que le 7e à l’Ouest, juste après le départ de Shaquille O’Neal. Ce qui est étonnant, c’est de voir les Lakers en playoffs juste après le départ de Shaq.

Los Angeles se qualifie avec 45 victoires grâce aux nombreux exploits de Kobe. Ses 35,4 points sont la 9e plus grande moyenne de l’histoire de la NBA ou 4e meilleure si on prend celles de Wilt Chamberlain. De plus, la moyenne de Kobe ne reflète pas son match à 62 points en 3 quart-temps face à Dallas et son 81 points face à Toronto, un mois après. Enfin, les coéquipiers de Bryant sont Lamar Odom, Smush Parker, Kwame Brown Chris Mihm, Devean George, Luke Walton, Brian Cook et Sasha Vujacic. Allez remporter 45 victoires avec ça.

Pour la défense de Steve Nash, le meneur des Suns n’est pas mauvais non plus. Il tourne en double-double avec des pourcentages qui font 50/40/90 en plus d’être leader de la NBA en passes décisives.

5 – DERRICK ROSE DEVANT LEBRON JAMES (2010-2011)

  • Derrick Rose : 25 points, 4,1 rebonds, 7,7 passes décisives, 13,1 parts de victoire
  • LeBron James : 26,7 points, 7,5 rebonds, 7,0 passes décisives, 15,6 parts de victoire
Derrick Rose & LeBron James

Encore aujourd’hui, cet MVP est remis en question. Est-ce que Derrick Rose méritait d’être élu meilleur joueur de la NBA en 2011 ? Si l’on regarde les statistiques, Chicago termine devant Miami avec 62 victoires contre 58 pour le Heat. D-Rose est un joueur explosif et spectaculaire en plus d’être le meneur d’une équipe qui ne gagnait plus depuis le départ de Michael Jordan. En face, c’est la première année de LeBron James à Miami. Sa décision de rejoindre Dwyane Wade en Floride fait la Une des médias à l’époque. Comment un joueur peut décider de quitter l’équipe de sa ville natale ?

Comment un joueur qui ne représente que 13,1 parts de victoire de son équipe peut être élu MVP devant un joueur qui fait 15,6 ? De plus, en termes de statistiques pures, LeBron est meilleur que Rose en points, rebonds, contres, interceptions, réussite aux tirs. Derrick Rose n’est meilleur qu’aux lancer-francs et de 9.9 %, aux passes de 0.7 % et aux 3-points de 0.02 %. Bon, est-ce que Derrick est MVP parce qu’il est le meilleur joueur de la meilleure équipe de la ligue qui base ses victoires sur sa défense collective ? Toutefois, il est le meilleur joueur offensif de la meilleure équipe de la ligue, qui, dans le classement par équipe, n’est que la 11e meilleure attaque.

Au vu de son jeu, le meneur des Bulls mérite son MVP vu qu’il est dans la meilleure équipe de la ligue…mais le cas Nash nous montre que c’est discutable.

QUELLES SONT LES CRITÈRES PRIS EN COMPTE POUR LE MVP ?

C’est le succès individuel qui prime ou le succès collectif ? Ou encore, est-ce la récompense du meilleur joueur de la meilleure équipe de la saison ? Dans le cas Kobe-Nash, qui est vraiment le joueur le plus important de la ligue, le plus VALUABLE ? Celui qui porte une équipe de bras cassés en playoffs alors que tout le monde voyait la tâche impossible ? Ou le meneur mieux entouré dans un système qui met en avant ses qualités de playmaker ? Cependant, pour réussir à déterminer le MVP, on prend trois choses en compte.

1 – LES STATISTIQUES DU JOUEUR

Les statistiques individuelles auront toujours un rôle très important dans le vote du MVP. Plus un joueur est performant tout au long de la saison, plus il a de chances d’obtenir le MVP. Bien évidemment, il ne suffit pas de tourner à 50 points par matchs pour avoir le titre et ça l’histoire nous l’a bien montré. En effet, Russell Westbrook est élu MVP en 2017 après sa saison historique en triple-double qu’il réitère la saison d’après. Malheureusement pour lui, son ancien coéquipier, James Harden est nommé MVP en 2018. Il ne l’est pas devant Westbrook, mais devant LeBron James et Anthony Davis.

2 – LE CLASSEMENT DE L’ÉQUIPE

Deuxième chose la plus importante, le classement de l’équipe. Rares sont les MVPs qui n’ont pas fait les Playoffs. C’est arrivé une fois depuis l’ère NBA. Kareem Abdul-Jabbar (27,7 points, 16,9 rebonds, 4,1 contres) est élu MVP en 1976 alors que les Lakers ont un bilan de 40-42 et rate les PO. Plus tôt encore en 1956, Bob Pettit (25,7 points, 16,2 rebonds, 2,6 passes), remporte le tout premier MVP de l’histoire alors que son équipe, les St Louis Hawks, sont 7e sur 8 avec un bilan de 33-39. À l’époque, le MVP était donné au meilleur joueur tout simplement. Aujourd’hui, on dit qu’il est donné au meilleur joueur de la meilleure équipe, mais ce n’est pas toujours le cas. Westbrook en 2017 est l’exemple le plus récent où les statistiques historiques priment (encore heureux) sur le classement.

3 – L’HISTOIRE, LA NARRATION, ETC

C’est l’argument qui fait souvent pencher la balance. C’est là où l’humain et la subjectivité prennent le dessus. Alors que les deux premiers critères se basent sur des chiffres, ce dernier vise le côté dramatique et l’empathie humaine. On préfère voter pour celui qui était champion l’an dernier déjà ou celui qui est passé de 12e à 4e avec des statistiques folles ?

Est-ce que ce n’est pas mieux de donner le MVP a un joueur qui a doublé ses statistiques même s’il est 6e avec son équipe qu’à l’ancien MVP dont les statistiques baissent, mais qui maintient son équipe en tête de la ligue ? C’est le genre de questions qui n’ont pas de bonnes ou de mauvaises réponses. On se base sur le mérite, sur son éthique personnelle, sa morale, ses valeurs et on vote. C’est pour cette raison que les débats sur le MVP et tout autres trophées individuels, ne s’arrêteront jamais. Chacun défendra toujours son point de vue et sa vision de la réussite et de la domination.

Sources : CBS SPORTS / Basketball-Reference /

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