PORTRAIT đŸ‡±đŸ‡§đŸ‡ŹđŸ‡Š : ALI, GAMER PRO ET ENTREPRENEUR GAMING

Ali Bouhamad est un passionnĂ© de jeux vidĂ©os depuis tout petit. Aujourd’hui, il est l’un des meilleurs joueurs FIFA dans le monde, mais surtout le meilleur, dans son pays, le Gabon.

Ça c’est Papa! Il plonge son fils dans le monde du jeu vidĂ©o depuis sa naissance. Ainsi, le petit Ali grandit au milieu des consoles et bornes d’arcade. D’ailleurs, il n’hĂ©site pas Ă  remercier son papounet de l’avoir soutenu et encouragĂ© dans cette voie. Â«Â Pour qu’un gamer devienne pro, il faut le soutien de ses parents sinon ce sera beaucoup trop difficile« . 

PlutÎt bon élÚve, Ali Bouhamad passe une enfance paisible. Il décroche son bac scientifique au lycée René Descartes de Libreville, au Gabon. Toutefois, sa carriÚre dans le gaming commence plus tard.

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Du BTP aux jeux vidéos

D’origine libanaise, Ali suit son pĂšre dans ses diffĂ©rentes entreprises : BTP, commerce, etc.

« C’Ă©tait une façon pour mon pĂšre de me donner un parachute. Il me disait souvent que si je redoublais une classe, il me mettrait directement au travail. Cela m’a pas mal poussĂ© Ă  me donner Ă  fond Ă  l’Ă©cole. AprĂšs le lycĂ©e, je vais au Liban oĂč j’Ă©tudie Math Sup, Anglais Sup afin de me prĂ©parer Ă  mes Ă©tudes supĂ©rieures d’ingĂ©nieur. Sauf que lorsque je reviens au Gabon pour les vacances, je me retrouve happĂ© dans les contrats de BTP de mon pĂšre. C’est comme ça que j’ai commencĂ© Ă  travailler pour lui. À ce moment-lĂ  les jeux vidĂ©os sont encore loin. »

Notre jeune Gamer a toujours eu des facilitĂ©s dans le business, en vĂ©ritable touche Ă  tout ! C’Ă©tait une vie assez confortable financiĂšrement, mais Ali a l’impression de vieillir trop vite. PrĂšs de 5 ans aprĂšs, il dĂ©cide d’arrĂȘter de bosser pour son pĂšre pour tracer sa voie. Il laisse tout tomber.

« En 2016, je rencontre un certain Xavier qui vient d’ouvrir une salle de jeu. Je le contacte pour voir s’il y a une place de libre. AprĂšs Ă©changes, il m’embauche contre un petit salaire. Les choses se passaient bien. Un jour Xavier organise une compĂ©tition sur FIFA. En tant que gĂ©rant, je dĂ©cide de m’inscrire et lĂ , je gagne la compĂ©tition alors que je n’Ă©tais pas le favori. C’est comme ça que le plaisir de la compĂ©tition est rentrĂ©. En plus j’ai gagnĂ© 200 000 Fcfa ce jour-lĂ . J’ai compris qu’il y avait de l’argent Ă  se faire. »

Le plaisir du jeu

Ali commence Ă  chercher d’autres compĂ©titions et remarque qu’il y en a plein d’autres dans la ville. Il participe Ă  l’une d’entre elles, mais perd en finale. Cependant, il dĂ©cide de s’associer avec les organisateurs. En effet, ces derniers avaient tout prĂ©vu.

« Ils avaient louĂ© une maison entiĂšre pour l’Ă©vĂ©nement. On pouvait jouer Ă  des jeux rĂ©tros, vendre ou Ă©changer des jeux, acheter du matĂ©riel informatique et de gaming. J’ai trouvĂ© ça super et c’est comme ça que je me suis associĂ© Ă  eux. Je me souviens que lors de la compĂ©tition, j’ai commencĂ©  Ă  faire des Ă©changes alors que je n’Ă©tais venu qu’avec deux jeux. J’ai rĂ©alisĂ© un bĂ©nĂ©fice de 35 000 Fcfa juste comme ça. Puis, l’organisateur, Yves, m’a recrutĂ© dans son Ă©quipe pour d’autres Ă©vĂ©nements. »

Un mois aprĂšs, la salle oĂč Ali travaillait, ferme. Toutefois, il avait dĂ©jĂ  commencĂ© Ă  lancer son petit business d’Ă©change et de troc de jeux. Petit Ă  petit, l’oiseau fait son nid. Aujourd’hui, Ali est une rĂ©fĂ©rence dans la vente de jeux vidĂ©os et d’accessoires gaming d’occasion Ă  Libreville.

Premiers pas chez les pro gamers

Avec son business Ă  cĂŽtĂ©, Ali continue d’organiser des compĂ©titions, mais constate que son associĂ© ne le paye pas. Il dĂ©cide alors de se mettre Ă  son propre compte. Il s’inscrit alors pour 50 000 Fcfa Ă  une compĂ©tition dont le prix est un billet d’avion. Ali dĂ©cide d’y aller alors qu’entre-temps, il avait repris le travail avec son pĂšre.

« J’ai remportĂ© la compĂ©tition et gagnĂ© un billet pour l’Espagne. Puis, je me suis dit qu’il Ă©tait temps d’ouvrir ma salle de jeux et d’organiser mes Ă©vĂ©nements. J’ai rĂ©ussi Ă  avoir des contacts chez Orange et j’ai Ă©tĂ© recrutĂ© afin de trouver des participants pour la Coupe d’Afrique 2019. »

Orange rĂ©serve le Centre Culturel Français de Libreville pour Ali et lui demande d’y organiser une compĂ©tition. Le vainqueur gagne un billet d’avion pour l’Égypte et la CAN 2019, pour aller y reprĂ©senter le Gabon. Depuis, Ali a remportĂ© 6 compĂ©titions sur FIFA: trois sur FIFA 18, deux sur FIFA 19 et une sur FIFA 20.

Avec du recul, le champion se rend compte qu’il a fait tout ça non pas pour l’argent, mais surtout pour faire connaĂźtre le Gabon dans le Gaming. Il a dĂ» faire certains sacrifices, mais aujourd’hui tout ça a payĂ©. La veille de cette interview, il venait de gagner le match d’ouverture contre les États-Unis lors de la Coupe du Monde FIFA. Un match remportĂ© 6 Ă  0.

« Je dĂ©plore seulement le manque de streamers africains et surtout gabonais, mais ça devrait arriver d’ici un an. On a dĂ©jĂ  une bonne communautĂ© de gamers. C’est vrai que ça ne rapporte pas les mĂȘmes sommes d’argent qu’en Occident, mais ça devrait arriver. Aujourd’hui, le Gabon plus de 10 000 gamers amateurs et pros confondus. Ce qu’il nous manque, c’est le soutient de grosses infrastructures et surtout des investisseurs pour dĂ©velopper le gaming sur le territoire »

Le gaming et l’eSport en Afrique sont encore Ă  leurs dĂ©buts comme ils l’Ă©taient en CorĂ©e du Sud au dĂ©but des annĂ©es 2000. C’est seulement 15 ans plus tard que le monde a commencĂ© Ă  vraiment se pencher sur le sport Ă©lectronique. Pour l’Afrique, il faut des investisseurs et surtout que les Africains s’intĂ©ressent Ă  leurs joueurs prĂ©sents sur le continent et ailleurs. 

« En effet, on cherche Ă  attirer l’attention du public sur place et en dehors. Ça marche dĂ©jĂ  bien. Lors du week-end du 24 juillet 2020, on a organisĂ© une compĂ©tition Ă  inscription gratuite sur PES. Il y avait 32 participants dont le champion d’Afrique, le champion du SĂ©nĂ©gal et celui de Madagascar. Le vainqueur, est reparti avec 50 000 Fcfa. Ce genre d’organisation est possible parce qu’on a structurĂ© notre organisation (bureau exĂ©cutif, chargĂ© de communication, etc) et on a montĂ© l’Association Gabonaise d’E-sports. Sans structure et rigueur, c’est bien trop difficile d’ĂȘtre reconnu et respectĂ©.« 

Article précédemment publié sur www.sportnewsafrica.com

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