INTERVIEW : ANGE METUSCHELA, PROMOTEUR ESPORT EN CÔTE D’IVOIRE

Ange Metuschela est un promoteur esport en Côte d’Ivoire. Passionné par les jeux vidéos depuis tout jeune, il nous raconte son parcours.

Ange Metuschela Odie est un passionné de jeux vidéo. Âgé de 30 ans, il est aussi un amoureux de la cuisine et de l’histoire. Connaître son passé, c’est mieux comprendre son présent dit-on. Ivoirien de cœur et de sang, Ange est un chargé de communication, mais aussi le fondateur de l’équipe la plus titrée de Côte d’Ivoire sur FIFA. À côté de ça, et c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui, il est le fondateur du compte Twitter @Ivoire_eSports. Ce dernier œuvre à la promotion des talents africains dans le domaine de l’esport.

PROMOTEUR, MAIS GAMER AVANT TOUT

Derrière le promoteur de talents africains, on trouve un diplômé de Master en sciences de gestion d’entreprise, mais avant tout, on a un gamer. En effet, Ange est un ancien champion de jeux vidéo. Il a participé à divers tournois organisés par une association en Côte d’Ivoire qui porte le nom de Gamers CI. Très vite, il ne s’est pas seulement contenté de jouer.

J’ai également travaillé, en tant qu’expert, à la mise en place de tournois sur FIFA et PES du FEJA : Le Festival de l’Electronique et du Jeu Vidéo d’Abidjan.

L’amour pour les jeux vidéos commence à l’âge de 7 ans pour Ange. Il fait ses premières armes sur International Superstars Soccer Deluxe sur Nintendo 64. Au fil des années, son amour pour le jeu grandit, mais il constate plus tard, qu’il y a un mieux à faire dans le domaine. En 2013, alors qu’il est étudiant en Master, il s’intéresse à l’économie du sport numérique et l’évolution de l’esport, surtout autour du jeu FIFA. Cependant, c’est à la sortie de la fac que tout commence à se mettre en place.

À la sortie de la fac, je m’adonne à ma passion et cherche un réel challenge. C’est de cette façon que je termine champion d’un événement organisé par une structure ivoirienne de la place. À la suite de cela, je continue mon apprentissage et je me promène de salle de jeu en salle de jeu, toujours à la recherche de nouveaux challenges. Le destin fait les choses, je rencontre de très bons joueurs à qui je parle de mon projet. Après de longues discussions,  je décide de les prendre sous mon aile.

À LIRE AUSSI / PORTRAIT : KARL, PROGRAMMEUR DE BWELI TRIBE À ACL

SORTIR DE L’ORDINAIRE ET VISER LE SOMMET

Pour Ange, c’est le moment de former une équipe. On ne parle pas d’une simple équipe de quartier, non ! Ange veut les meilleurs à ses côtés, car il voit loin.

Notre but est de titiller les meilleurs joueurs du monde sur le circuit @EAFIFAesports. L’équipe compte des talents comme Yao Taid Vianney et Juniors Dogo qui sont devenus à la suite de notre rencontre, champion d’Afrique, champion de Côte d’Ivoire et vice-champion du premier gros tournoi organisé par Orange en 2018. Hammad Oule est également avec nous ainsi que d’autres joueurs aussi talentueux les uns que les autres.

L’idée est de sortir de l’ordinaire, faire quelque que personne en Côte d’Ivoire n’avait fait avant. C’est de cette façon que voit le jour la première équipe/association officielle d’esports en Côte d’Ivoire. Qui dit équipe, dit compétition et qui dit compétition, dit des titres.

Pour les titres, on a travaillé dur et les résultats sont venus tous seuls, si je puis dire. Le travail paye, mais il faut avouer que le milieu de l’eSport ivoirien est très concurrentiel. Il y a de nombreux talents. C’est aussi ce qui a permis à nos joueurs de donner le meilleur d’eux-mêmes à chaque rencontre.

Hammad Oule, preùier vainqueur du Paradise Game En 2017, au milieu Yao Taid Vianney, champion d’Afrique 2018 et champion de l’Orange Gaming Tour 2018, présent à la Paris Game week 2018 et à droite, Junior Dogo, vice-champion Orange Gaming Tour 2018 et vice-champion Festival de l’Electronique et du Jeu Vidéo d’Abidjan 2018.

@IVOIRE_ESPORTS, UNE VITRINE POUR LES TALENTS IVOIRIENS

La structure fonctionne sur fonds propres donc sans subventions. On va dire que nous sommes des passionnés et que l’on croit en l’avenir et au potentiel des talents africains dans le domaine. Nous sommes un compte de promotion tout en étant une équipe eSport. Nous nous situons surtout dans le volet compétitif c’est-à-dire athlète eSport. Pour nos événements, nous essayons de contacter des structures européennes et africaines pour des matchs amicaux afin de nous faire connaître via les talents. En ce qui concerne l’aspect promotion nous suivons les compétitions qui se déroulent sur le globe et nous y apportons notre analyse ou soutien.

Avec Ivoire_eSports, Ange et son équipe donnent une plateforme aux joueurs ivoiriens afin qu’ils puissent montrer de quoi ils sont capables. Non pas seulement en Afrique, mais dans le monde. Toutefois, Rome ne s’est pas construite en un jour et Ange a dû surmonter quelques obstacles.

Disons que la méconnaissance de ce milieu par les populations a été le premier obstacle. Aujourd’hui, la discipline est considérée comme l’Eldorado des temps modernes. En Afrique, en général, on pense que cela n’est qu’un jeu, un passe-temps alors que les sports au sens que tout le monde connaît, sont avant tout des jeux. Enfin, le second problème a été les finances bien évidemment.

Bien évidemment, gérer une boîte de promotion n’est pas toujours facile et demande de l’argent, mais il faut aussi se faire connaître.

Nous scrutons les talents ivoiriens d’ici et d’ailleurs. Nous leur exposons notre projet. Celui d’être une rampe de lancement, de faire la promotion du pays. Ensuite, c’est eux qui voient. Quoi qu’il en soit, nous sommes un compte axé sur la promotion tout en étant une équipe esport. Notre focus, c’est la compétition, donc les athlètes esport. Pour nos événements nous essayons de contacter des structures européennes et africaines pour organiser des match amicaux histoire de se faire connaître via nos talents.

ANGE : « JE SOUHAITE QUE L’ESPORT SOIT OUVERT À L’AFRIQUE »

Aujourd’hui, l’objectif de l’association reste le même.

Cette année, l’objectif est de continuer à faire ce que nous avons toujours fait depuis sa création : œuvrer à la promotion de l’eSport africain qui manque d’exposition. Nous nous donnons comme mission, de faire ce qui est possible pour montrer à la face du monde ce que valent les Africains.

Il est vrai que l’Afrique est très peu représentée au niveau mondial dans le domaine de l’esport. Pourtant, ce ne sont pas les talents qui manquent. Pour Ange, c’est tout à fait possible qu’un jour, le continent ait dans l’esport, des Didier Drogas, Pascal Siakam, Sadio Mane ou encore Samuel Eto’o et Pierre-Emerick Aubameyang.

Ce que je souhaite pour l’eSport africain en général, c’est que les compétitions internationales soient ouvertes à l’Afrique. Pour l’instant, très peu sont accessibles depuis l’Afrique et cela est injuste. Notre combat est aussi de montrer au monde que si le continent a connu et connaît de grands athlètes, il en existe aussi d’autres capables d’émerger du sport électronique.

Ange a un dernier message pour tous ceux passionnés par l’esport.

L’Afrique a besoin de plus de lumières dans le domaine de l’esport. Ceux qui sentent qu’ils peuvent changer les choses, cet univers est le leur, mais il faut de la détermination, de la passion et voir grand. Mais le plus important, c’est de faire passer l’intérêt de la communauté avant tout, car c’est elle en réalité qui se trouve sur la scène de l’esport et qui doit être mise en lumière.

Retrouvez la première parution de cet article sur www.sportnewsafrica.com.

%d blogueurs aiment cette page :