PORTRAIT 🇬🇦 : CLANCY, MISTER BWELITRIBE

Clancy ou Clans pour les intimes, est en plus d’être étudiant au Maroc, l’un des rédacteurs les plus prolifiques du site BweliTribe. Zoom sur celui que l’on surnomme Mr Bwelitribe !

Si vous êtes fan de musique urbaine africaine francophone, vous connaissez probablement le site de référence BweliTribe. Toutefois, derrière votre écran, c’est toute une équipe qui travaille et en son sein, on trouve Clancy, alias The BweliFace.

Il n’est jamais facile de se décrire lorsqu’on vous demande de le faire en trois mots ou adjectifs, mais Clancy, même s’il se trouve nul à ce jeu nous dit comment il se qualifie.

(Rires) Je suis très nul à ce jeu. Disons, passionné, social, émotif.

UNE ARRIVÉE EN FRANCE PAS SI DOUCE

Avant de se lancer dans l’aventure BweliTribe, Clancy vivait au Gabon jusqu’au jour de son anniversaire, le 8 octobre 2009, où il quitte sa terre natale.

Je me rappelle encore quand j’ai quitté le Gabon pour la France, car c’est pour l’Hexagone que j’ai eu ma bourse d’études. Je voulais aller dans un pays anglophone pour la langue, mais ma mère avait un chemin tracé pour moi et comme j’avais la bourse aussi…

Arrivé à Besançon, tout ne se passe pas comme prévu pour notre amoureux de musique et fan du club de football italien, le Milan AC.

J’ai commencé à étudier AES (Administration Économique et Sociale), un mélange d’économie et de droit. Ça ne s’est pas bien passé. J’ai repris mon année. Par la suite on m’a coupé la bourse sans réelle raison et ça a commencé à être un peu compliqué.

Clancy se pose des questions sur son avenir et sur ce qui lui plait vraiment. Il décide alors de quitter Besançon pour le Havre.

J’y suis allé pour faire de la comptabilité (rires) parce que ça paye assez bien au Gabon il paraît (je n’aime pas les calculs). Encore une fois, ce n’était pas la bonne idée.

ENTRE CHOIX PERSONNELS ET PRESSION FAMILIALE…

La famille a commencé à mettre la pression à Clancy pensant qu’il se tournait les pouces en France. C’est comme ça qu’il se met à chercher un BTS en alternance afin de faire ses preuves.

Ma mère n’était pas de cet avis (À savoir qu’elle est mon seule sponsor… Ma mère ? C’est mon père). On est rentré en conflit elle et moi. Je voulais rester, montrer que j’étais capable, mais elle voulait que je rentre donc elle m’a coupé les vivres.

Pour se débrouiller, Clancy enchaîne les petits boulots et les courts séjours chez des amis. Le problème est qu’un tel mode de vie montre vite ses limites.

Les factures s’accumulaient, puis un jour, j’ai reçu l’appel d’un de mes oncles qui était l’intermédiaire de ma mère. Il me proposait de continuer mes études en Tunisie ou au Maroc

Entre le Maroc et le Gabon, The BweliFace choisit le Maroc. Il arrive sur le sol marocain en 2015 à Agadir. Depuis, il étudie le Marketing Gestion commerciale. Malgré les nombreux bas, Clancy n’oublie pas les hauts. Il ajoute toutefois que c’était dur d’accepter l’échec au début surtout quand on fait un sans-faute jusqu’au baccalauréat.

C’est dur parce que tu vois les autres avancer, devenir indépendants et toi tu stagnes. Pourtant tu sais que tu n’es pas bête.

Si ce n’était pas pour avoir des diplômes pour faire plaisir à sa mère, il aurait fait autre chose.

Elle a dépensé de l’argent pour moi, je lui dois au moins ça, à défaut de rembourser financièrement. C’est vraiment la foi et le fait de me concentrer sur moi qui ont changé la donne.

Une phrase va booster Clancy à jamais.

Je me souviendrais toujours de cette phrase que quelqu’un m’a dite : « Tu es ton seul baromètre ».

À BORD DE L’AVENTURE BWELITRIBE

On en parlait dans le portrait de Karl. BweliTribe, c’est avant tout un collectif de passionnés de musique urbaine. Lancé en 2015, le site a commencé par une rencontre au studio We Upgrade.

Tous les membres fondateurs étaient par chance à Libreville cet été. Je connaissais certains personnellement et d’autres étaient des twittos que j’appréciais. Je ne sais plus qui a tweeté qu’il était à We Upgrade (le studio d’Owoninho) et on a tous décidé de se ramener. Sur place, on a fait ce qu’on a l’habitude de faire « parler musique » principalement et d’autres choses. Owox était dans sa tour de contrôle (il y a une pièce avec une vitre où il mixe) nous on écoutait la musique. Puis il est venu vers nous en nous proposant l’idée du site. En gros, on a des avis intéressants musicalement et on a une grande audience si on se réunit tous pourquoi ne pas créer le site. On s’est dit ouais pourquoi pas. On a commencé à lister qui était capable de faire quoi. Karl a créé le site, il fallait trouver les idées, proposer du contenu, gratter les articles, du coup, j’ai commencé en tant que rédacteur.

BweliTribe est officiellement en ligne le 27 novembre 2015. Cinq ans bientôt.

LE VISAGE DE BWELITRIBE

Ouais, les gars m’appellent le « CEO de Bwelitribe » parce que je fais la police pour les articles (rires). C’est vrai que lorsqu’on me voit, on pense BT et ça, c’est cool.

Clancy écrit tous les jours s’il y a de l’actualité.

J’ai des pics de motivation. C’est à ce moment que je travaille et très souvent, je plie tout dans cette période. Je peux faire le travail de 6 mois en 2/3 jours, mais comme je suis aussi flemmard, j’essaye de bosser sérieusement au moins deux heures par jour.

Être rédacteur sur un site de musique implique une grosse part de subjectivité.

C’est d’abord une question de goût. On ne publie que ce que l’on valide, aime. On peut émettre des avis qui ne plaisent pas toujours, mais c’est très souvent parce qu’on aime ce que les artistes font. S’ils nous ont déçu on va en parler (mieux vaut susciter de l’intérêt que pas du tout).

En musique, c’est simple, quand le son est bon, il est bon, n’est-ce pas ?

Il n’y a pas de critères de sélection chez BweliTribe. Il faut juste que ce soit bien fait. D’ailleurs, J’écoute tous les styles musicaux (Ntcham, Trap, etc.) je suis un peu plus ouvert que certains dans la team donc quand c’est bien fait, on en parle.

Chez BweliTribe, ils fouillent la toile à la recherche de pépites, mais reçoivent aussi pas mal de mails.

Certains envoient par mail, d’autres nous mentionnent. On écoute et on fait le tri. J’écoute beaucoup de musique donc soyez sûrs qu’en allant sur BT vous trouverez de la qualité, car on aura déjà éliminé les sons wacks.

Toutefois, la communication et le work flow avec les artistes n’est pas toujours simple.

Après, il faut avouer que nos artistes ne sont pas très professionnels et ça, c’est pénible. Certains t’envoient un simple lien mp3 sans prendre la peine de se présenter, dire ce qu’ils veulent, etc. On doit deviner. On a eu l’idée de faire et proposer un press kit (dossier de presse) pour les nuls afin de les aider. Malheureusement, certains l’ont mal pris. PÉNIBLE.

BWELITRIBE FACE AUX CRITIQUES

Comme tout bon site qui se respecte, BweliTribe fait face aux critiques et commentaires négatifs. À tort ou à raison, ce n’est pas toujours facile de gérer ce genre de réactions.

(Rires) Il faut admettre qu’au début, c’était bizarre hein. Ça piquait un peu, surtout venant d’artistes qu’on connaît personnellement. D’ailleurs, certains ont critiqué les BTAwards, ont dénigré notre travail alors qu’on a toujours bien fait les choses et on a donné de la force. Aujourd’hui, ça nous fait juste rire. On sait ce qu’on fait de bien et ce qui l’est moins. On nous critique beaucoup ces derniers temps, faut croire qu’on a pris de l’ampleur.

Cependant, il avoue qu’au début, il ne comprenait pas certaines réactions et étant émotif, il voulait toujours répondre. Il en rit tellement aujourd’hui, que ça lui arrive de partager les posts et tweets sur lesquels on leur pointe du doigt. Comme à l’image de sa vie, Clancy tourne le négatif en positif. Il ne perd pas de vue l’objectif du site : mettre en valeur les artistes urbains et leur donner de la force comme il dit.

On ne va pas brosser les gens dans le sens du poil. La critique permet d’avancer, d’évoluer. Si les gens ont des problèmes d’ego et sont susceptibles, ça n’engage qu’eux.

CLANCY ET BWELITRIBE DEMAIN ?

En vrai, on a toujours les mêmes objectifs qu’au départ : changer le monde. Dans un premier temps on voulait juste perdurer. C’est pas facile de tenir un projet 5 ans surtout quand vous vous autofinancez ( PS : appel aux investisseurs)

Parti d’une simple discussion, BweliTribe s’est fait un nom dans le milieu africain de la musique urbaine francophone. D’ici deux ou trois ans, ils espèrent pouvoir organiser un festival urbain comme le Gabao Hip-Hop. Du moins, c’est l’un des rêves de Clancy.

Cette année déjà, je vous promets qu’il y aura des choses incroyables !

Enfin, Clancy a un conseil pour ceux qui veulent se lancer dans des projets, mais hésitent encore.

N’ayez pas peur d’échouer. Il n’y a que comme ça que vous vous découvrirez. Si vous êtes passionnés par quelque chose, lancez-vous et faites de votre mieux. Ne vous comparez pas aux autres, vous ne vivez pas les mêmes réalités.

Comme une amie m’a dit « Tu es ton seul baromètre ! »

Retrouvez Clancy sur Twitter et BweliTribe !

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