PORTRAIT 🇬🇦 : FALLONE, RÉALISATRICE D’IMMERSION DANS LE MONDE DE LA N’TCHAM

Fallone est une passionnée de l’image et de la culture urbaine gabonaise. Réalisatrice d’un documentaire sur la N’Tcham, elle a accepté l’invitation de CYM Press.

Fallone Endambo Makata vient de Koulamoutou et de Moanda. Deux villes situées dans les provinces de l’Ogooue-Lolo et du Haut-Ogooue au Gabon. Elle a fait ses études à Libreville. Aujourd’hui, elle est maman d’un petit garçon et travaille sur Libreville, la capitale gabonaise.

CETTE PASSION POUR L’IMAGE NAIT À URBAN FM

C’est alors qu’elle travaille à Urban FM en tant que Community Manager où elle s’occupe de la page Facebook de la radio, qu’elle tombe dans le monde de l’image.

À chaque fois qu’il y avait un ou plusieurs invités, je voyais Dafresh sortir de la cabine pour les prendre en photo. Puis un jour, je lui demande poliment si je peux le faire pour lui et là, je crois, qu’il a détecté dans ma demande, ma volonté d’apprendre. Il a commencé à me former tout de suite.

En général, quand on se lance dans une passion artistique, on a toujours des exemples, des idoles qui nous poussent à nous améliorer ou qui nous attirent dans le domaine en question. Fallone ne déroge pas à la règle.

Je citerais d’abord Fabass Konexion qui est un réalisateur gabonais dont j’admire particulièrement le travail et qui me donne beaucoup de conseils dans le métier. Je n’oublie pas Kristauf Ndoutoume et bien évidemment Dafresh ! C’est quand même grâce à lui que je me retrouve dans le monde de la réalisation. Enfin, il y a les réalisateurs étrangers comme Steven Spielberg, Martin Scorsese et j’en passe…

Le monde de l’image, c’est donner sa vision du monde aux autres à travers une photo, une peinture, un film, une statue, etc. L’inspiration, en fait, elle n’est jamais loin car elle se trouve dans tout ce qui nous entoure, n’est-ce pas Fallone ?

Effectivement et c’est d’ailleurs comme ça que m’est venue l’idée de réaliser un documentaire sur la N’Tcham.

ÊTRE RÉALISATRICE AU GABON

Aux yeux de nombreuses personnes encore aujourd’hui, le métier de réalisateur reste à dominante masculine. D’ailleurs, chez CYM Press, on ne connait pas beaucoup de réalisatrices gabonaises et Fallone est l’une d’entre elles.

Honnêtement, je pensais exactement la même chose avant d’entrer dans ce milieu. Il faut dire que c’est quand même beaucoup de pression de savoir que je suis parmi les quelques réalisatrices gabonaises ! D’un autre côté ça me rend fière ! Puis en fin de compte, hommes ou femmes, il n’y a que le travail et la discipline qui comptent et qui peuvent nous emmener où on veut dans la vie.

Le travail et la discipline ainsi que son monde ont poussé Fallone à réaliser un documentaire sur une danse plus que populaire au Gabon, la N’Tcham. Cependant, malgré la démocratisation des outils types caméras, appareils photos, téléphones portables, le monde de l’audiovisuel au Gabon n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière.

Chaque réalisateur doit faire de sa caméra son œil. Je veux dire par là qu’il faut qu’on vive avec notre caméra pas seulement l’utiliser le temps de faire un travail… C’est très important de connaitre son appareil ! Ensuite il faut qu’on trouve des véritables sources d’inspiration, il faut aussi beaucoup s’informer sur ce qui se fait ailleurs pour pouvoir l’adapter à ses techniques de travail. Enfin, je pense que le monde de l’audiovisuel gabonais manque de synergie, on gagnerait vraiment à travailler ensemble pour avoir un plus grand impact et ça, on commence à le comprendre !

IMMERSION DANS LE MONDE DE LA N’TCHAM

La N’Tcham est l’une des nombreuses danses qui a vu le jour au Gabon. Du Bolo à l’Ikoku en passant par le Djazzé, la N’Tcham est plus qu’une danse, c’est un phénomène.

Disons que le projet est parti du fait que la N’Tcham, malgré le fait qu’elle soit présentée comme une danse de voyous, soit aussi populaire. Les enfants, les adultes, les stars gabonaises, les plus âgés, tout le monde danse la N’Tcham…

Comparé aux autres danses urbaines, la N’Tcham est celle qui perdure le plus dans le temps.

C’est vrai que nous avons vu une multitude de danses urbaines au Gabon, mais aucune n’a eu autant d’influence, en un temps record, que la N’Tcham et c’est ce qui m’a interpellée.

Réaliser un documentaire prend du temps. Ça peut être bien plus long qu’un film, tout dépend de la profondeur qu’on veut lui donner.

Les recherches sur le terrain ont duré maximum 3 mois pour tout caler. Entre interviews, prises d’images et collecte d’archives, le montage m’a pris 1 mois.

Enfin, Fallone à un message aux jeunes filles et femmes qui souhaitent se lancer dans l’audiovisuel en tant que réalisatrice.

Je leur dirais juste que ce n’est pas compliqué et tout vient à point à celui qui travaille et qui ne s’arrête à aucune difficulté.

Pour visionner les quatre mois de travail de Fallone sur la N’Tcham, on vous donne rendez-vous sur les pages Facebook de Tromatix Hip Hop Gabonais en séquence de 5 minutes à cause de la limitation imposée par les réseaux sociaux. Sinon, abonnez-vous à la chaine YouTube de Fallone.

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