PORTRAIT🇬🇦 : FREDDY OBAME OBAME, JOUEUR ET ENTRAÎNEUR DE BASKET-BALL, DU GABON AUX USA

Freddy Obame Obame est un joueur de basket-ball installé aux USA. Membre de l’équipe nationale du Gabon et ancien joueur NCAA, il vit aujourd’hui de sa passion de l’autre côté de l’Atlantique. CYM Press lui a demandé de partager son parcours…

Freddy habite sur la côte Est des États-Unis depuis maintenant 14 ans. Il vit entre New York City, Washington DC et Arlington en Virginie. Parti de son pays natal pour poursuivre son rêve de jouer en NBA, Freddy vit aujourd’hui de sa passion. Si bien que lorsqu’il n’est pas sur le terrain, il est sur le banc de touche en tant qu’entraîneur.

Je coache deux équipes de -10 ans chez les garçons et une équipe de 11 ans chez les filles.

Il apprend encore le métier, même s’il a déjà son expérience dans le domaine.

J’ai commencé à coacher aux USA en décembre 2019, mais j’entraîne des jeunes depuis plus longtemps au Gabon en bénévolat. Ici, aux USA, je coache des équipes qui suivent un programme académique, mais je le fais à ma sauce. Ce n’est pas toujours facile avec les plus petits, c’est du « tough love », mais j’aime ça. Ils me donnent des maux de tête, mais c’est cool ! (rires)

Même s’il aime aider les jeunes, il ne pense pas devenir entraîneur à proprement parler.

Disons que je suis plus un développeur de skills, d’aptitudes. J’ai déjà transformé de nombreux jeunes joueurs au Gabon. Je les ai aidé à améliorer leur jeu.

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Quant à l’idée de rentrer au Gabon pour en faire son métier, il n’est pas encore fixé.

Pour l’instant, je veux me perfectionner dans l’art de développer les autres et de me développer aussi. Gagner en expérience. On verra pour la suite. Je réside aux USA pour le moment, mais j’ai plusieurs projets que je veux mettre en place au Gabon. Par conséquent, je reste en contact avec les entraîneurs et les jeunes qui rêvent d’être des professionnels ou de jouer le championnat universitaire américain, la NCAA.

DU GABON AUX USA, IL A TRACÉ LE SILLON ♫

Freddy a tout fait pour arriver sur les terres de l’Oncle Sam. Ses parents lui ont juste demandé d’avoir le baccalauréat alors qu’il étudiait au lycée Bessieux, à Libreville au Gabon.

J’étais hyper passionné par le basket et je rentrais souvent très tard des entraînements. Mes parents m’ont donc posé un ultimatum. Ils m’envoyaient aux USA si j’avais mon diplôme de fin de cycle. Je les ai vu se battre pour que mon rêve se réalise.

Une fois de l’autre côté de l’Atlantique, il retrouve un vieil ami de Bessieux. Ils ont eu le bac la même année, mais lui est parti directement après. Freddy est arrivé presque un an après, en octobre 2006.

C’était dur au début, mais heureusement que je suis tombé sur Erwan qui était arrivé des mois avant moi. Il m’a aidé à m’intégrer. J’ai fait l’école de langue pendant 7 mois et j’ai eu mon diplôme de langue en juin 2007. C’était très cher, mais j’ai pu décrocher une bourse complète après 3 mois de camp de basket durant le même été.

En tant qu’athlète boursier américain, il a pu finir son cursus universitaire sans payer. C’était sa façon à lui de remercier ses parents qui ont remué ciel et terre pour payer les frais de l’école de langue.

(rires) L’université coûtait entre 35 000 et 45 000 dollars l’année. Ils n’auraient jamais pu payer cette somme chaque année. Le jour où je leur ai dit qu’ils n’auraient pas à le faire, ils m’ont énormément béni.

DU CAMP DE BASKET À L’UNIVERSITÉ

Des Gabonais en NCAA il n’y en a pas eu beaucoup. L’exemple le plus récent est Chris Silva (Miami Heat), mais avant lui, Freddy a foulé les parquets des équipes de première division universitaire. Toutefois, avant d’y arriver, il a dû batailler dur pour se faire remarquer.

Pendant 3 mois, j’allais au camp de basket-ball 2 fois par semaine. Dieu merci, c’était gratuit et ouvert au public.

Cependant, les entraîneurs et recruteurs n’ont pas remarqué Freddy dès le début.

C’est à partir du deuxième mois que les coachs ont commencé à me remarquer et que j’ai pu signer la dernière bourse pour le Monroe College à New York City. C’était l’un des meilleurs collèges et encore aujourd’hui, il fait partie du top de la Division 1 College Junior de l’état de New York.

On peut dire que les bénédictions de ses parents ont payé. Deux ans plus tard, en 2009, il est transféré à l’Université de Maryland Eastern Shore qui évolue en division 1 NCAA.

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#Tbt Juco Days…#MonroeCollege #balllife #2008

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LA NCAA, UN AUTRE MONDE

Freddy réalise alors son rêve de jouer en NCAA. Un objectif pour lequel il a travaillé dur, mais ce n’était que le début.

Ce n’était vraiment pas facile ! Dès les sélections, on est 40 pour 12 places. En plus j’étais un africain en compétition avec les locaux. C’était fou !

Il faut le vivre pour le croire. Nombreux sont ceux qui abandonnent leur rêve de NCAA et de NBA à ce stade.

Le niveau est tellement élevé, c’est un autre monde. Beaucoup de jeunes ont arrêté de jouer à cause de ça. Je parle de joueurs dont on vantait les qualités au Gabon, mais une fois arrivés aux USA, c’était autre chose.

Pourtant ils sont talentueux…

Le niveau est tellement haut, que décrocher une bourse partielle en division 2, n’est pas chose aisée. C’est pourquoi je conseille aux plus jeunes de se préparer sérieusement avant de venir aux USA. Il y a au moins 20 américains pour la place que tu veux dans l’équipe. Tu vois des gars, tu te dis ‘Mais comment ça se fait qu’il ne soit pas en NBA lui ?’ Le tri est ultra-sélectif.

Malheureusement pour Freddy, il ne remporte pas de titre avec l’université de Maryland, mais plutôt avec son junior college. Il est champion de l’état de New York et a été sélectionné dans l’équipe type du tournoi final. Ses statistiques ? 24 points et 10 rebonds lors du dernier match de la compétition. D’ailleurs, c’est ce match référence qui lui a permis de rejoindre la NCAA.

Aujourd’hui, sa polyvalence lui permet de jouer à tous les postes. Il peut marquer et défendre sur n’importe quel joueur, dribbler, tirer à 3-points, pénétrer, jouer sous le panier, etc.

C’est quelque chose que j’ai perfectionné avec le temps.

LE LOCKOUT…MAUVAIS TIMING

En 2011, alors qu’il sort de l’université, la NBA rentre en lockout. Les équipes de la ligue ne peuvent recruter de joueurs universitaires.

Mes statistiques n’étaient pas suffisantes pour m’inscrire à la draft, mais je pouvais tenter les sélections en tant que joueur NCAA. À cause du lockout, j’ai dû trouver autre chose et je suis allé au Qatar.

Cette année marque le début d’un tour du monde pour Freddy. Après le Qatar il va en Arabie Saoudite. Il revient au Gabon et joue la Coupe d’Afrique des Clubs Champions avec Manga Sport à Malabo en Guinée-Equatoriale. Par la suite, il va en Serbie, puis en Tunisie, une escale en Allemagne. Il joue la Coupe d’Afrique en Tunisie. Puis, il va jouer le CBL (Continental Basketball League) au Nigéria avec l’équipe Izobe.

Avant la pandémie, Freddy avait prévu de tester la G League (l’équivalent de la division 2 pour la NBA) et de prendre part à de nombreux tournois ce printemps et cet été.

FREDDY ET SES 4 CLÉS

Pour finir, Freddy a quelques mots pour ceux et celles qui veulent se lancer dans le basket-ball professionnel.

Travail, organisation, persévérance et détermination. Je n’oublie pas les études car c’est le chemin par excellence pour arriver au niveau collégiale aux USA. Bien évidemment, avoir foi en Dieu car les enseignements de la Bible te permettent de te nourrir et de maintenir cette envie de réussir. En se comparant à certains récits bibliques, on peut s’y reconnaître. Chaque situation a son récit et le Seigneur a toujours le dernier mot.

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