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PORTRAIT 🇬🇩 : JUSTINA, ENTREPRENEUSE PASSIONNÉE PAR L’IMMOBILIER

Justina est une mĂšre de famille auto-entrepreneuse et passionnĂ©e par l’immobilier. De son parcours scolaire Ă  sa place dans ce domaine encore trop masculin en Afrique en passant par sa vie de famille, elle nous raconte une histoire, son histoire.

Justina, 31 ans, se dĂ©crit comme Ă©tant une personne hyper-active qui n’a pas froid aux yeux. L’audace et le courage sont les choses qui lui ont permis d’ĂȘtre lĂ  ou elle se trouve aujourd’hui : une mĂšre de famille, une chef d’entreprise, mais aussi un exemple pour beaucoup de femmes. Effectivement, Justina est suivie par de nombreuses femmes sur Twitter oĂč elle partage ses expĂ©riences, bonnes ou mauvaises, tout en essayant de donner des conseils. Ces derniers sont basĂ©s bien Ă©videmment sur du vĂ©cu personnel, mais aussi inspirĂ©s par son entourage.

JUSTINA ET SA VIE AVANT L’IMMOBILIER

Depuis le lycĂ©e, Justina est motivĂ©e et veut rĂ©ussir. À 17 ans, elle obtient son baccalaurĂ©at (sĂ©rie B) au LycĂ©e National LĂ©on M’ba Ă  Libreville, au Gabon. Elle dĂ©cide alors de poursuivre les Ă©tudes et s’inscrit Ă  l’UniversitĂ© Omar Bongo, toujours Ă  Libreville. LĂ -bas, elle suit des cours de droit pendant un an avant de se plonger dans la logistique transport puis la gestion des ressources humaines. Il lui faut attendre un tout petit peu avant que l’immobilier vienne cogner Ă  la porte de son destin :

« Avant l’immobilier, j’ai commencĂ© dans l’évĂ©nementiel Ă  OssPro Event, d’abord en tant que stagiaire puis en CDI dans le service commercial. AprĂšs cela j’ai rencontrĂ© le directeur d’une entreprise de construction tout corps d’état qui souhaitait crĂ©er une entreprise de fournitures et consommables de bureaux, mais manquait de temps et n’avait personne pour la gĂ©rer. AprĂšs m’ĂȘtre associĂ©e Ă  lui (30 parts sur 100 il me semble), j’en suis donc devenue la directrice gĂ©nĂ©rale adjointe. Par la force des choses, j’avais dĂ©jĂ  quelques orteils dans son entreprise de BTP (rires). »

DĂ©jĂ  mĂšre d’une fille et vivant avec ses deux petites sƓurs, Justina dĂ©missionne suite Ă  un dĂ©saccord avec son directeur :

« Ça a Ă©tĂ© trĂšs stressant »

Ne baissant pas les bras, Justina décide alors de se mettre à son compte. Elle crée sa propre entreprise de fournitures de bureau, matériel informatique et vidéosurveillance. Les débuts sont tumultueux :

« J’imprimais les dossiers et factures dans les cybercafĂ©s. Je faisais littĂ©ralement du porte Ă  porte. »

C’est ce mĂȘme porte-Ă -porte qui lui permet de dĂ©nicher des clients comme le Conseil Économique et Social et pas seulement :

C’est en dĂ©marchant pour mon entreprise que je suis tombĂ©e sur celui qui deviendra mon patron. Un homme d’affaires espagnol venu investir dans la construction, plus prĂ©cisĂ©ment dans les prĂ©fabriquĂ©s en bĂ©ton. AprĂšs un an Ă  ses cĂŽtĂ©s, oĂč j’ai Ă©normĂ©ment appris, j’ai tout abandonnĂ© pour rejoindre mon partenaire de l’époque, originaire du Congo Brazzaville.

LE CONGO BRAZZAVILLE, SA DEUXIÈME MAISON

Lorsqu’elle arrive au Congo, son partenaire de l’Ă©poque lui trouve un emploi dans le domaine des assurances et la location de vĂ©hicule. Quelque temps aprĂšs, Justina tombe enceinte de sa seconde fille. Elle arrĂȘte de travailler pendant prĂšs d’un an. Toutefois, Justina n’est pas du genre Ă  rester tranquille. Souvenez-vous, elle est hyper-active. AprĂšs cette annĂ©e passĂ©e Ă  s’occuper de sa fille et vie de famille, elle reprend un groupe hĂŽtelier libanais implantĂ© en Afrique et en devient la directrice commerciale.

La vie faisant bien les choses, ce mĂȘme groupe fait Ă©galement dans la construction et Ă©rige ses propres hĂŽtels. En voyant ça, Justina dĂ©cide de se mettre Ă  son compte Ă  nouveau. Elle ouvre un spa pour enfants en parallĂšle Ă  Brazzaville.

Cependant, l’appelle de la maison est trop fort pour elle. Elle dĂ©cide au final de rentrer dĂ©finitivement au Gabon.

JUSTINA ET SON AMOUR POUR L’IMMOBILIER

Aujourd’hui Justina enchaĂźne les chantiers et les voyages d’affaires. Une vie qu’elle ne voudrait Ă©changer pour rien au monde. Quand on lui demande comment lui est venu cet amour pour l’immobilier, elle reste trĂšs honnĂȘte dans sa rĂ©ponse :

(Rires) Comme vous avez pu le comprendre ce sont en fait les circonstances qui m’ont fait m’y retrouver et j’ai aimĂ©. Je me suis d’abord dĂ©couvert un amour pour les vĂ©hicules et les machines (bon j’ai toujours aimĂ© la conduite 😅) et le fait de voir comment d’un terrain vide peu Ă©merger une bĂątisse… Les diffĂ©rentes Ă©tapes, la technique et bien sĂ»r l’argent. Le nerf de la guerre. Je l’assume. Cette activitĂ© m’a attirĂ© aussi parce qu’on y fait de bons bĂ©nĂ©fices… J’ai eu ma fille Ă  14 ans et je suis l’aĂźnĂ©e. De lourdes responsabilitĂ©s beaucoup trop tĂŽt.

« UNE ORGANISATION ET PROGRAMMATION MÉTICULEUSE »

MĂšre de deux enfants et voyageant sans cesse, Justina arrive Ă  trouver le juste milieu. Effectivement, elle vit selon quatre principes : la gratitude, la relativisation, la reconnaissance et la bonne humeur.

Je pense par la force des choses, Ă  savourer l’instant prĂ©sent et que le stress ne changera pas quelque chose qui doit ĂȘtre. Ensuite une organisation et une programmation mĂ©ticuleuses.. ah oui, et beaucoup de bĂ©nĂ©dictions de la part du Tout-Puissant

ÊTRE UNE FEMME DANS UN DOMAINE MASCULIN

La place de la femme dans la sociĂ©tĂ© en Afrique a bien Ă©voluĂ©e et continue de le faire. NĂ©anmoins, ĂȘtre une femme dans l’immobilier sur le continent n’est pas toujours facile. Justina n’a pas froid aux yeux et ça, elle le tient de sa mĂšre :

Je n’aime pas le mot « difficile » alors je dirais que ce n’est pas simple. Beaucoup trop de prĂ©jugĂ©s, de misogynie, de sexisme, de pensĂ©es rĂ©trogrades. AprĂšs nous sommes en Afrique, l’heritage culturel est encore trĂšs lourd et bien prĂ©sent. Mais j’ai la chance d’avoir une mĂšre exceptionnelle qui n’a jamais eu peur de bousculer les codes et qui nous l’a appris. Alors malgrĂ© tout, je suis et reste dans ce secteur dit « masculin », dans lequel je me fraie un chemin du haut de mes talons aiguilles (rires)

Cependant, cela ne l’a pas empĂȘchĂ© d’ĂȘtre victime de rĂ©flexion misogynes :

Bien suuuuur!! C’est de lĂ  que vient une de mes expressions-signatures : le fameux « chĂšvre » (rire) ! Lors d’une rĂ©union de travail sur un chantier oĂč j’Ă©tais la seule femme, on a donnĂ© la parole Ă  tout le monde sauf moi. Au moment oĂč tout le monde se lĂšve, je leur demande de se rasseoir parce que moi je n’ai pas parlĂ© (honnĂȘtement je n’avais rien Ă  dire, mais il Ă©tait nĂ©cessaire que je m’affirme, que je m’impose). J’ai alors trouvĂ© un point en lien avec la sĂ©curitĂ© du chantier (Dieu merci c’Ă©tait pertinent 😂), mais sur le chantier on m’a surnommĂ© la chĂšvre parce que j’Ă©tais je cite « l’emmerdeuse de service ». Je n’avais mĂȘme pas 30 ans, venant d’hommes qui avaient l’Ăąge de mon pĂšre et plus aguerris… Ce n’Ă©tait pas gai…

UNE PERSONNALITÉ BIEN TREMPÉE

Justina est une adepte du « S’il y a un problĂšme, il y a une solution. S’il n’y a pas de solution, c’est qu’il n’y a pas de problĂšme ». La jeune entrepreneuse est prĂȘte Ă  tout pour finir le travail, car selon elle, la rĂ©putation est ce qu’il y a de plus prĂ©cieux dans le monde professionnel. Ce savoir-faire, cette façon d’ĂȘtre et cette motivation, elle les doit Ă  son Ă©ducation et aux diffĂ©rents modĂšles dont elle dispose dans sa famille.

D’abord il y a mon arriĂšre-grand-mĂšre, ma grand-mĂšre, ma mĂšre, mais aussi mon pĂšre et mes filles. Pour ce qui est des femmes elles ont toutes travaillĂ© et gĂ©rĂ© leur famille d’une main de maĂźtre. Mon pĂšre quant Ă  lui est entrĂ© dans le monde du travail plus tĂŽt que prĂ©vu Ă  cause de ma naissance et subvenir Ă  mes besoins Ă©tait sa prioritĂ©. Je suis bĂ©nie d’ĂȘtre de leur lignĂ©e. Enfin, mes enfants, mes enfants sont de loin mon meilleur gouvernail.

UNE REINE DES RÉSEAUX SOCIAUX ?

Avec plus de 8500 abonnĂ©s sur Twitter, Justina ne laisse pas Twitter Gabon indiffĂ©rent. D’ailleurs, une grande partie de ses followers sont des femmes qui la voient pour la plupart comme un exemple Ă  suivre. À la question de savoir comment elle vit cette popularitĂ©, Justina rĂ©pond ceci :

Ahahahahah je suis toujours Ă©gale Ă  moi-mĂȘme… Je suis profondĂ©ment reconnaissante de la valeur qu’elles me donnent, mais en mĂȘme temps indigne parce que j’ai encore tellement Ă  apprendre. AprĂšs tout Ă  31 ans, que sait-on vraiment ?

Noona sur Twitter s’efforce toujours de garder les pieds sur terre et c’est une belle qualitĂ©. D’ailleurs, pourquoi Noona ?

« Noona » me vient de quelqu’un de brillant qui m’est trĂšs cher, que j’ai connu via Twitter d’ailleurs et qui veille sur moi. C’est une sorte de frĂšre bienveillant, un ange gardien, mon ange.

Noona, signifie « grande sƓur » en corĂ©en.

Avant de conclure, voici des conseils de la part de Justina. Ils sont destinĂ©s Ă  toutes celles et ceux qui veulent, tout comme elle, se lancer dans l’immobilier ou n’importe quel autre domaine en tant qu’auto-entrepreneur :

De foncer. D’y mettre toute son Ă©nergie, tout son cƓur. Ne pas ĂȘtre impitoyable envers soi-mĂȘme pendant les mauvaises passes. Rayer de son vocabulaire professionnel le mot « dĂ©tail », absolument tout est important. De toujours surestimer ceux en face. Aussi et surtout, de garder Ă  l’esprit que le fait de se rĂ©veiller est dĂ©jĂ  la plus grande des bĂ©nĂ©dictions de la journĂ©e, le reste n’est qu’accessoire. Donc, le plus important, rire tous les jours. C’est VITAL.

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