PORTRAIT đŸ‡”đŸ‡č : JULIANA BARROS « J’ADORE ÊTRE ACTRICE »

Juliana Barros est une actrice portugaise vivant en Angleterre. De son rĂȘve d’enfant Ă  aujourd’hui, elle nous parle de sa passion et de l’industrie du cinĂ©ma.

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Juliana se dĂ©crit comme une femme faisant tout pour garder la tĂȘte sur les Ă©paules et les pieds sur Terre. Elle sait qu’une carriĂšre artistique peut-ĂȘtre difficile. En effet, ce n’est pas le genre de milieu oĂč l’on peut juste continuer Ă  rĂȘver en croisant les bras.

Si j’auditionne et que je ne suis pas prise, je dois rebondir et ne pas me laisser abattre. Il faut rester concentrer et optimiste. Je persiste et je me dis que je l’aurais la prochaine fois. Comme un peu tout le monde, j’essaye d’ĂȘtre une bonne personne, en restant humble et en traitant tout le monde comme j’aimerais qu’ils me traitent.

PositivitĂ© et enthousiasme sont des mots qui dĂ©crivent bien Juliana, celle qui a voulu ĂȘtre actrice trĂšs jeune.

ACTRICE ? LE REVE D’ENFANT DE JULIANA

Cette envie de devenir actrice vient trĂšs tĂŽt chez Juliana. NĂ©e d’un pĂšre cap-verdien et d’une mĂšre brĂ©silienne, Juliana vient au monde au Portugal, il y a 27 ans. Un jour, elle voit son pĂšre Ă  la tĂ©lĂ©…

Je pense que je devais avoir 4-5 ans. Mon pĂšre Ă©tait un footballeur cĂ©lĂšbre au Cap-Vert. Un jour, il participe Ă  une Ă©mission humoristique. Je la regarde avec ma mĂšre, mais je suis confuse. Je ne comprends pas pourquoi il parle diffĂ©remment et agit comme quelqu’un d’autre. Comme je ne comprenais pas trop, je me suis mise Ă  poser plein de questions Ă  ma mĂšre. Je trouvais ça gĂ©nial et intriguant et je me suis dit que c’Ă©tait ce que je voulais faire.

En grandissant, Juliana, constate que le mĂ©tier d’actrice est bien plus qu’imiter quelqu’un et jouer un rĂŽle. C’est aussi un moyen de se connaĂźtre. C’est comme une auto-thĂ©rapie constante qui permet d’apprendre sur soi chaque jour.

HonnĂȘtement, il y a encore des jours oĂč je ne suis pas sĂ»re de comprendre, ce qu’est vraiment ĂȘtre actrice, mais je pense qu’en me mettant dans la peau de quelqu’un d’autre, ça m’aide Ă  comprendre ma propre personnalitĂ©.

Il est important aujourd’hui de connaitre qui l’on est et de savoir ce que l’on veut. Cependant, en tant qu’ĂȘtres humains, nous avons aussi ce besoin de se sentir Ă©paulĂ©s par notre entourage. On sait bien que certains parents projettent leurs rĂȘves et dĂ©sirs sur leurs enfants, mais on connaĂźt aussi des parents qui pensent que les mĂ©tiers liĂ©s Ă  l’art ne rapportent rien ou, sont trop difficiles. Est-ce qu’ils ont raison ? C’est vous qui voyez. Toutefois, soutenir ou non son enfant dans ses choix peut faire la diffĂ©rence. C’est le cas de Juliana.

JULIANA : « MA FAMILLE M’A TOUJOURS SOUTENUE »

Ma mĂšre m’a toujours dit que j’en parlais beaucoup quand j’Ă©tais jeune. Elle savait qu’un jour je quitterais le Portugal pour l’Angleterre ou les États-Unis, parce qu’il y a plus d’opportunitĂ©s. Mes parents m’ont toujours motivĂ© Ă  poursuivre mon rĂȘve. DĂšs qu’ils peuvent, ils regardent ce que je fais. Pourtant, du cĂŽtĂ© de mon pĂšre, ma famille est pleine de professeurs, d’ingĂ©nieurs, etc, mais ils m’ont toujours poussĂ© et soutenue alors que j’ai pris une dĂ©cision complĂštement diffĂ©rente de la leur.

Juliana reconnaĂźt que sans le soutien de la famille, poursuivre son rĂȘve peut ĂȘtre plus difficile mentalement. Chez certains, c’est aussi une source de motivation quand les proches ne les soutiennent pas. Toutefois, Julianna sait que de ce cĂŽtĂ©, elle est plutĂŽt chanceuse. C’est avec les bĂ©nĂ©dictions de sa mĂšre et de son pĂšre qu’elle commence Ă  suivre des cours de thĂ©Ăątre Ă  l’Ăąge de 12 ans. Puis, quand l’heure de l’universitĂ© sonne, elle dĂ©cide de quitter le Portugal pour faire des Ă©tudes supĂ©rieures d’arts et de thĂ©Ăątre en Angleterre.

C’est lĂ  oĂč j’ai pris conscience que, ce que j’avais toujours gardĂ© quelque part au fond de mon esprit, devenait sĂ©rieux. Je me suis dit « Okay, c’est vraiment en train d’arriver ! ». Ce fut de superbes annĂ©es. J’ai rencontrĂ© beaucoup de gens, j’ai eu de bonnes et mauvaises expĂ©riences, mais ça fait partie du jeu. J’ai beaucoup appris sur moi, sur les gens, car c’est un mĂ©tier oĂč tu Ă©tudies autrui. Tu dois comprendre comme l’ĂȘtre humain fonctionne. Ça m’a fait grandir individuellement et c’est ce que j’aime avec ce mĂ©tier.

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ACTRICE ? C’EST UN MARATHON

Contrairement Ă  ce que beaucoup de gens pensent, le mĂ©tier d’actrice est trĂšs difficile. Un diplĂŽme universitaire ne suffit pas Ă  vous donner une grande carriĂšre. Rien ne garantit qu’Ă  la sortie de vos cours de thĂ©Ăątre, vous allez dĂ©crocher un rĂŽle dans une production Netflix et autres.

C’est difficile. Il y a ceux qui cherchent le rĂŽle qui les rendra riches Ă  vie et il y a les acteurs comme moi, qui ont besoin de courir aprĂšs les opportunitĂ©s. Tu ne peux pas juste attendre chez toi que les portes s’ouvrent. Il faut aller cogner aux portes. Du moment que tu aimes ce que tu fais, toute cette course, marathon ou recherche n’est pas vraiment un problĂšme. C’est vrai qu’il faut des connexions un peu comme partout, mais il faut surtout ĂȘtre prĂȘt soi-mĂȘme. Il te faut un book, un showreel, continuer Ă  faire progresser ton jeu (accents, chant, langues, etc). Tu dois savoir te prĂ©senter et te vendre.

Oui, le monde du cinĂ©ma, c’est beaucoup de travail, mais c’est aussi un mĂ©tier oĂč l’on est constamment jugĂ© non pas seulement sur nos compĂ©tences, mais aussi sur notre physique. Le jugement est encore plus dur lorsque l’on est une femme.

Dans cette industrie, tu vends ton visage. C’est ton outil de travail, mais c’est dur. Être jugĂ© sur son physique, c’est vraiment dur. Tu peux te voir refuser un rĂŽle parce que tu es grosse ou trop mince, ou pas assez grande. Le refus peut ĂȘtre difficile Ă  accepter.

Son remĂšde pour ne pas se laisser abattre, c’est de rester concentrer et de continuer Ă  croire en elle. Toutefois, ce n’est pas toujours simple Ă  faire.

Effectivement, mais c’est marrant de se trouver Ă  une audition oĂč l’on voit des centaines de nos sosies. C’est vraiment drĂŽle, mais tu te dis Ă  ce moment-lĂ  pourquoi cette fille qui me ressemble en tout et pour tout, aurait le rĂŽle et pas moi ? Mentalement, faut ĂȘtre costaud. Pour te diffĂ©rencier, tu dois venir avec une autre Ă©nergie et marquer les esprits, parce qu’il y a des gens plus talentueux, plus expĂ©rimentĂ©s, mais tu as ta chance comme tout le monde.

UNE FEMME DANS L’INDUSTRIE

C’est un peu plus compliquĂ© quand tu es une femme, tu vois ? On est deux fois plus jugĂ©e par notre apparence. Les femmes ne peuvent pas venir aux auditions mal coiffĂ©es ou manucurĂ©es. Il nous faut toujours du maquillage, mĂȘme si l’on nous demande d’ĂȘtre naturel, il faut un maquillage naturel quand mĂȘme. Ça nous demande plus d’efforts.

L’industrie du cinĂ©ma a des critĂšres de sĂ©lection pour les femmes diffĂ©rents de ceux des hommes. NĂ©anmoins, c’est en train de changer, doucement, mais surement.

Effectivement, les choses changent et c’est super. Il y a plu de rĂŽles donnĂ©s Ă  des femmes rondes, des femmes noires, des acteurs noirs, etc. C’est une trĂšs bonne chose.

DU THÉATRE À FRENEMIES

Des apparitions dans les clips musicaux, aux piĂšces de thĂ©Ăątre Ă  des gros projets comme Frenemies, Juliana a de l’expĂ©rience.

J’ai commencĂ© au thĂ©Ăątre quand j’Ă©tais toute petite. Puis Ă  l’universitĂ©, quand j’avais 19-20 ans, j’ai tournĂ© dans un court-mĂ©trage et la diffĂ©rence entre les deux m’a dĂ©stabilisĂ©. Au thĂ©Ăątre, on donne de la voix, tout est amplifiĂ© et on dirige notre Ă©nergie vers le public. Dans le cinĂ©ma, tout est plus petit, minimisĂ© et prĂ©cis. J’ai mis du temps Ă  comprendre comment passer de l’un Ă  l’autre.

Puis c’est en arrivant Ă  Londres, qu’elle se demande comment vivre de son mĂ©tier. Comment devenir une professionnelle ? Elle commence alors Ă  faire son propre bouche-Ă -oreille, parler d’elle aux gens du milieu. Au dĂ©but, elle ne fait rien en anglais, mais en portugais. Puis, Juliana se rend compte que ça limite son champ d’action. C’est comme ça qu’elle se confectionne un showreel et un book.

De fil en aiguilles, les projets auxquels elle participe s’enchaĂźnent. C’est comme ça qu’elle embarque sur un projet nommĂ© Frenemies.

Quand on m’a expliquĂ© l’essence du film et le scĂ©nario, j’ai tout de suite eu envie de le faire. C’est une histoire qui me parle. Le film se dĂ©roule dans les bas quartiers de Londres lĂ  oĂč violence, drogue, sexe et trahisons sont monnaie courante. C’est un film vrai, sur une rĂ©alitĂ© qui touche pas mal de gens. De plus, l’Ă©quipe de production et les rĂ©alisateurs Ă©taient motivĂ©s pour le faire. On voulait tous aller au bout de cette aventure et c’est ça aussi le cinĂ©ma. Pendant un temps, vous ĂȘtes une famille avec un but commun et vous faites tout pour l’atteindre.

Frenemies sera disponible en streaming sur Amazon UK dĂšs le mois de juillet.

Encore aujourd’hui, j’ai du mal Ă  rĂ©aliser. C’est fou !

Juliana peut ĂȘtre fiĂšre du chemin qu’elle a et continue de parcourir. Poursuivre son rĂȘve jusqu’au bout, sans jamais se retourner et vivre chaque jour Ă  fond, c’est son mode de vie.

Je ne me vois pas faire autre chose. Chaque mĂ©tier Ă  ses avantages et inconvĂ©nients, mais c’est lĂ  oĂč je m’Ă©panouie. J’ai croisĂ© des acteurs de 70-80 ans et je me leur ai dit « Je veux ĂȘtre comme vous plus tard! ». C’est ce que j’adore avec ce mĂ©tier, il peut ĂȘtre diffĂ©rent chaque jour. C’est juste qu’il faut rien lĂącher et aller chercher la nouvelle Ă©tincelle, le nouveau projet constamment.

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