PORTRAIT đŸ‡«đŸ‡· : LUCIE, DE L’ÉCOLE DU LOUVRE AU CMN

Lucie nous parle de son passage Ă  l’École du Louvre et de ses ambitions futures. Portrait d’une jeune femme passionnĂ©e par le patrimoine, l’histoire, l’art et l’architecture.

Lucie se dĂ©finit comme Ă©tant une personne polyvalente, dynamique et crĂ©ative. C’est avec plaisir qu’elle a acceptĂ© de s’ouvrir Ă  nous.

L’ÉCOLE DU LOUVRE

Aujourd’hui, elle est Ă©tudiante en Master 2 Droit public, parcours gestion locale du patrimoine culturel. Une spĂ©cialisation qu’elle a choisi de prendre aprĂšs cinq ans passĂ©s Ă  l’École du Louvre.

L’École du Louvre c’est la formation la plus complĂšte et prĂ©cise proposĂ©e aux passionnĂ©s d’art et de patrimoine ! Le premier cycle enseigne l’histoire gĂ©nĂ©rale de l’art, de l’antiquitĂ© Ă  nos jours, sur l’ensemble des espaces gĂ©ographiques. Les Ă©tudiants bĂ©nĂ©ficient Ă©galement, en petits groupes, de cours au sein du musĂ©e, face aux Ɠuvres et leur matĂ©rialitĂ©. C’est la force de l’Ă©cole !

© Le Figaro Étudiant

Une Ă©cole de passionnĂ©s pour ceux qui veulent se spĂ©cialiser par la suite. La gĂ©nĂ©ralitĂ© c’est bien, mais ça ne suffit pas comme dit Lucie.

En effet, elle ne suffit pas. Les Ă©tudiants se spĂ©cialisent et entrent dans le cƓur du sujet de leur(s) discipline(s) favorite(s) grĂące Ă  des enseignements dĂ©diĂ©s. Le choix est toujours difficile, L’École du Louvre en propose plus d’une trentaine ! Puis, en deuxiĂšme cycle, les Ă©tudiants sont initiĂ©s aux disciplines techniques du musĂ©e : conservation, musĂ©ologie, droit du patrimoine, scĂ©nographie, numĂ©rique et bien d’autres…

Pour elle, c’est aussi la qualitĂ© des enseignements complets et la capacitĂ© d’ancrer les Ă©tudiants dans les problĂ©matiques opĂ©rationnelles et contemporaines des musĂ©es qui font la renommĂ©e de son Ă©cole.

DE NOUVELLES EXIGENCES

MalgrĂ© la bonne ambiance et la solidaritĂ© entre Ă©lĂšves Ă  l’École du Louvre, Lucie a Ă©prouvĂ© des difficultĂ©s Ă  s’adapter.

Le plus difficile pour moi, a Ă©tĂ© de m’adapter au rythme intense des cours et Ă  la densitĂ© de travail Ă  fournir pour les apprendre. C’est une Ă©cole qui requiert de la maturitĂ©, rigueur, mĂ©thodologie et une constance de travail. Ce n’est pas Ă©vident lorsque l’on sort du lycĂ©e, mais c’est aussi pour cela que notre formation est reconnue auprĂšs des institutions musĂ©ales et culturelles. Ça en vaut la peine !

Bien sĂ»r que ça en valait la peine. Lucie a Ă©tĂ© diplĂŽmĂ©e de l’École du Louvre en novembre 2019. Comme dit plus haut, elle est aujourd’hui en Master 2 Droit public, parcours gestion locale du patrimoine culturel. Une formation qui demande un stage de fin d’annĂ©e qu’elle l’effectue en tant que chargĂ©e du marketing relationnel au Centre des Monuments Nationaux. Cette institution gĂšre 100 monuments dans toute la France.

C’est une institution incroyable ! Elle mĂȘle des missions pratiques et techniques de conservation et de restauration des monuments, mais aussi leur ouverture aux diffĂ©rents publics. Pour permettre aux visiteurs de dĂ©couvrir le maximum de sites en illimitĂ©, le CMN a lancĂ© son programme d’abonnement « Passion monuments ». J’accompagne donc l’Ă©quipe en place dans le suivi des abonnĂ©s et des partenaires culturels (prestigieux qui plus est !).

TOMBÉE DANS LE PATRIMOINE QUAND ELLE ÉTAIT PETITE

Je suis passionnĂ©e depuis l’enfance par le patrimoine, l’histoire, l’art et surtout l’architecture. Je sollicitais mes parents pour visiter de nombreux sites partout en France : de la Bretagne, Ă  l’Aude, en passant par l’Alsace ou encore les chĂąteaux de la Loire dont je suis originaire.

On peut dire que Lucie est amoureuse du passĂ©, mais c’est plus que ça. Selon elle, regarder dans le passĂ© nous permet de mieux comprendre notre sociĂ©tĂ©.

J’ai Ă  cƓur de dĂ©couvrir l’hĂ©ritage des constructions et des arts de vivre du passĂ©. Cela permet de comprendre nos usages contemporains, leurs Ă©volutions, et donc de mieux connaitre notre sociĂ©tĂ©. C’est important de prĂ©server notre patrimoine pour continuer de le transmettre, et de sensibiliser le public : le patrimoine n’est pas vieux, poussiĂ©reux ou ennuyeux, tout au contraire, il est plein de ressources, de vie, il est l’occasion de partager, de s’amuser, de rire mĂȘme. Apprendre n’est pas et ne doit pas ĂȘtre rĂ©barbatif ou rebutant…

Comme on est taquin chez CYM Press, on lui a demandĂ© de choisir un seul monument et pourquoi. Autant vous dire que c’Ă©tait un choix cornĂ©lien pour la jeune femme.

Chùteau de Champs-sur-Marne © Wikipedia

C’est impossible de rĂ©pondre ! Dans chaque rĂ©gion ou pays, j’ai des coups de cƓur ! Versailles, forcĂ©ment, mais ce n’est pas un choix trĂšs original. Alors, pour rester sur un monument du CMN, je dirais le chĂąteau de Champs-sur-Marne oĂč j’ai effectuĂ© un stage en 2019. Petit bijou du XVIIIĂšme siĂšcle, son architecture est fine et dĂ©licate, prolongĂ©e par un jardin Ă  la française rĂ©alisĂ© par un neveu d’AndrĂ© Le NĂŽtre, et c’est le chĂąteau le plus meublĂ© d’Ile-de-France. Y reste l’un des derniers dĂ©cors de Chinoiseries et Singeries, typiques du raffinement de cette Ă©poque. Il est aussi le tĂ©moin des restaurations et modes de vie de la fin du XIXĂšme siĂšcle et dĂ©but du XXĂšme de la famille Cahen d’Anvers, comme on peut l’apprĂ©cier dans la sĂ©rie Downton Abbey !

Chateau de Champs-sur-Marne © La Parisienne du Nord

Aujourd’hui, c’est le CMN pour Lucie, mais oĂč se voit-elle dans 10 ans ?

On ne sait pas de quoi demain est fait, ni quelles occasions vont se prĂ©senter Ă  nous, quel professionnel on va rencontrer pour nous donner la chance de dĂ©buter notre carriĂšre. En revanche, je choisis mes expĂ©riences toujours dans l’objectif de participer au mieux Ă  la mise en valeur du patrimoine et sa diffusion auprĂšs du public. J’aime entreprendre des projets trĂšs diversifiĂ©s pour constamment faire appel Ă  la crĂ©ativitĂ© ; et j’ai une grande appĂ©tence relationnelle, tant avec des partenaires culturels, qu’avec les Ă©quipes d’un site. Je reconnais, avec ambition mais humilitĂ©, que l’administration d’un monument est l’exemple d’objectif professionnel qui guide le dĂ©veloppement de mes compĂ©tences. C’est un poste administratif, mais aussi relationnel et technique sur le terrain : pluridisciplinaire, c’est tout ce que j’aime.

UN RÊVE ET UN SOUVENIR

Être seule dans un monument ! Avoir un chĂąteau quasiment pour soi et ressentir la force de son vĂ©cu… Ou encore les « face-Ă -face » avec la Joconde au musĂ©e du Louvre lorsque l’on a la chance d’y travailler. C’est un rĂȘve de petite fille.

Du haut de ses 23 ans, Lucie en a vu des monuments et en a fait des choses. Cependant, il y a un Ă©vĂ©nement qui l’a marquĂ©e et dont elle est trĂšs fiĂšre. D’ailleurs, elle a bien raison.

Pour les 20 ans d’une association dans le dĂ©partement du Loiret, avec mon pĂšre nous avons crĂ©Ă© un spectacle son, lumiĂšre et pyrotechnie. Nous avons imaginĂ© les tableaux, le contenu, enregistrĂ© les voix off, travaillĂ© avec l’artificier au choix des feux…. Le tout tirĂ© devant le chĂąteau de Sully-sur-Loire. Le rĂ©sultat Ă©tait spectaculaire et le chĂąteau magnifique. Je pense que le sentiment d’accomplissement de la rĂ©alisation d’un projet si important, qui a demandĂ© Ă©normĂ©ment d’investissement personnel, est le plus beau jamais ressenti professionnellement.

Lucie a trouvĂ© sa vocation et elle s’y Ă©panouit. NĂ©anmoins, si elle n’avait pas pu ĂȘtre dans le patrimoine, elle se serait tournĂ©e vers le milieu mĂ©dical.

La pratique de la musculation demande de s’intĂ©resser au corps (les articulations, les muscles, l’alimentation, les Ă©motions) pour Ă©viter de se blesser. Je me serais surement tournĂ©e vers l’ostĂ©opathie. Le corps est une grande mĂ©canique, pleine de mystĂšre et dont il me plait d’apprendre et en comprendre le fonctionnement et les secrets.

MOTIVATION ET AUDACE

Nous avons demandĂ© Ă  Lucie de partager ses conseils Ă  toutes celles et ceux qui voudraient suivre le mĂȘme chemin.

La motivation est parfois soumise Ă  rude Ă©preuve, alors je conseillerais de cultiver le souvenir de « pourquoi on se lĂšve le matin » : la chance d’Ă©tudier et vivre sa passion, quelle qu’elle soit. Et Ă  ceux qui se sentent trop jeunes pour entreprendre et ĂȘtre audacieux, je partagerais une citation du Cid que l’on m’a rappelĂ© il y a quelques jours : « Je suis jeune, il est vrai, mais aux biens nĂ©s la valeur n’attend pas le nombre des annĂ©es ». Alors osons, il n’y a rien Ă  perdre, et tout Ă  apprendre.

%d blogueurs aiment cette page :