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LA SANTÉ MENTALE AU CŒUR DES JO DE TOKYO 2020

Les athlètes souffrent physiquement pour atteindre le haut niveau de leur sport respectif, parfois au détriment de leur santé mentale.

Thriveworks, un service de conseil, de psychologie et de psychiatrie avec plus de 300 emplacements, a constaté qu’un athlète d’élite sur trois souffre d’anxiété et de dépression. De plus, dans une analyse de plus de 18 000 points de données provenant de sources imprimées, en ligne, diffusées et de médias sociaux couvrant l’athlétisme, la natation, le tennis, la gymnastique et le soccer, 69 % des retours négatives concernaient des athlètes féminins, comparativement à 31 % des athlètes masculins.

RÉPONDRE AUX ATTENTES

On a tendance à oublier que ces athlètes, avant d’être des sportifs, sont des êtres humains. Ils poussent au maximum leur corps et mental pour être les meilleurs dans une ou plusieurs disciplines. Cependant, cette dévotion coûte cher à 1 athlète sur 3 ! On pense rarement à ce que cela représente d’un point de vue mental. La gloire et la richesse ne font pas oublier la pression, le stress, les cris des entraîneurs ou des parents trop impliqués. Le succès ne fait pas oublier la peur de l’échec. La peur de ne pas être au top devant des millions de personnes le jour J. Quand je pense que je stressais pour un contrôle noté sur 10 au collège, imaginez leur pression… être au top tous les jours.

Effectivement, il est facile de dire que c’est la rançon de la gloire, ou encore,  c’est pourquoi ils ont signé … Cependant, faire ce que l’on aime doit-il nous pousser à la dépression ? Est-ce que devenir le meilleur en exerçant sa passion doit être synonyme de problème de santé mentale ? Sans parler des événements tragiques de la vie. Des moments sur lesquels certains et certaines ne peuvent s’attarder parce que la prochaine grande compétition arrive. Comprenons également que les sponsors ont misé beaucoup d’argent sur eux et ils n’attendent que de bons résultats pour gagner plus d’argent.

Répondre à ses propres attentes, celles de la famille, des entraîneurs, des fans  et des sponsors ! Ça fait beaucoup de réponses pour une seule personne qu’elle soit Michael Jordan ou Simon Biles. Bien évidemment, tout le monde ne gère pas sa santé mentale de la même façon. Certains sont plus forts, d’autres plus faibles, mais quoi qu’il en soit, ça arrive et pas qu’aux autres ! C’est un problème réel de notre société et plus on est célèbre et plus il faut faire abstraction de ce problème. Pourquoi ? Parce qu’un athlète est physiquement, le sommet de la pyramide humaine. L’image de l’athlète grecque au corps parfait est encore dans l’esprit collectif. Du moins, c’était le cas dans le sport, il y a encore des années. Mais, ça change !

LES ATHLÈTES PARLENT DE PLUS EN PLUS DE SANTÉ MENTALE

La plupart des exemples proviennent de cet article : ‘OK not to be OK:’ Mental health takes top role at Olympics

Michael Phelps, détient un record de 23 médailles d’or. Aujourd’hui, il est à la retraite. Cependant, il a longtemps été ouvert sur ses propres problèmes de santé mentale. Après les JO de 2012, il avait déclaré avoir envisagé de se suicider alors qu’il était en pleine dépression. « Nous sommes des êtres humains. Personne n’est parfait. Alors oui, c’est OK de ne pas être OK. »

En janvier 2021, Kyrie Irving, joueur des Brooklyn Nets en NBA avait refusé de jouer un match parce qu’il ne se sentait pas en état de jouer. Effectivement, c’est plus tard que l’on apprend que c’était à cause de problèmes personnels et familiaux. Mais, pas seulement. Dans un article du Forbes, il est dit que ce qui se passait aux États-Unis l’avait affecté également. À noter, qu’il ne participe pas aux JO de cette année.

Toutefois, les problèmes de santé mentale ne touchent pas que les hommes, mais il touche les femmes et en plus grand nombre.

La joueuse de tennis Naomi Osaka s’est retirée de Roland Garros 2021. Ensuite, elle n’a pas fait  Wimbledon 2021. Là, aux Jeux de Tokyo, elle sort au 3ᵉ tour. Après une pandémie toujours en cours, voici que la pression des JO à domicile s’ajoute. Est-ce qu’elle a le droit de ne pas bien aller ? Clairement !

La sprinteuse américaine Sha’Carri Richardson n’a pas caché les problèmes auxquels elle a fait face lors de sa préparation pour les JO. Même si elle n’y est pas allée. En effet, elle a dit avoir utilisé de la marijuana pour aider à cacher la douleur de la mort de sa mère biologique, sans parler de la pression des 100 mètres. Des années d’entrainements se jouent sur une dizaine de secondes. Est-ce que ce n’est pas énorme comme pression pour n’importe qui ?

Liz Cambage, une joueuse australienne de la WNBA, s’est retirée des Jeux Olympiques une semaine avant leur ouverture. Pourquoi ? À cause de l’anxiété liée au fait d’entrer dans une bulle COVID contrôlée à Tokyo. Selon elle, cela l’aurait tenu à l’écart de ses amis et de sa famille.

Elle écrivait sur les réseaux sociaux : « Compter sur les médicaments quotidiennement pour contrôler mon anxiété, ce n’est pas ce que je veux faire en ce moment. Surtout quand je rentre en compétition sur la plus grande scène sportive du monde »

POURQUOI CELA TOUCHE PLUS LES FEMMES ?

Le cas de Simone Biles, porte la chose à un tout autre niveau. En effet, superstar de son sport, idole des jeunes aux États-Unis, elle a préféré se retirer de la compétition. C’est simple, elle est venue, elle a analysé sa situation, elle a écouté son corps et s’est dit qu’il ne valait pas mieux continuer. Le plus important, c’est sa santé mentale n’est-ce pas ?

« Je dois faire ce qui est bon pour moi et me concentrer sur ma santé mentale, et ne pas mettre en danger ma santé et mon bien-être ». Elle a ajouté que « C’était comme combattre tous ces démons ».

Les femmes, athlètes ou non sont sujettes à plus de pression sociale que les hommes. C’est indéniable. Elles sont jugées sur leurs capacités à s’occuper d’un foyer, leurs capacités à travailler (ici performances sportives) et leurs physiques. En plus d’être performantes, on veut qu’elles soient parfaites dans tous leurs faits et gestes. 

Vous connaissez la Suédoise Jenny Rissveds ? Plus jeune championne féminine de cross-country lorsqu’elle  remporte l’or à Rio à 22 ans. Un an plus tard, Elle tombe en dépression après deux décès dans sa famille. Encore aujourd’hui, elle n’en est pas complètement sortie. Cette année, Rissveds n’a pas réussi à remporter une deuxième médaille d’or consécutive. Elle se classe 14ᵉ à Tokyo, mais dit être ravie d’en avoir fini avec la compétition.

« Je suis tellement heureuse que ce soit fini. Pas seulement la course. Mais, toutes ces années, je n’aurais plus à porter ce titre. J’ai un nom et j’espère que je peux être Jenny maintenant et non la championne olympique, parce que c’est un lourd fardeau… J’espère que je serai laissé seul maintenant. »

Ce qui est sûr, c’est que le CIO a mis en place tout un dispositif pour soutenir les sportifs avec un numéro de téléphone opérationnel 24/7. Enfin, des psychologues accompagnent chaque délégation également.

La santé mentale n’est pas une chose à prendre à la légère. Plus encore aujourd’hui. On est toujours dans une situation post-pandémie. Certains pays ont recommencé à confiner des villes. Des gens n’arrivent pas à boucher les trous financiers causés par la Covid. Les gens sont stressés, inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. Donc, ne demandons pas aux gens de faire comme si tout allait bien. Parlez avec vos proches, vos amis et demandez-leur s’ils sont heureux. S’ils vont réellement bien et n’oubliez pas de leur dire qu’ils ou elles ont le droit de ne pas aller bien de temps en temps.

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