SCANDALE : GROS CASTING POUR UN FILM CORRECT

Scandale nous entraine dans les coulisses d’un des plus gros chapitre du mouvement #MeToo aux États-Unis. Bien réalisé, il reste cependant légèrement en dessous de nos attentes.

Réalisé par Jay Roach, Scandale nous fait vivre les coulisses de l’affaire Roger Ailes. Président de la chaine Fox News jusqu’en 2016, il est accusé de harcèlements sexuels par plusieurs de ses employées. Le film retrace les événements en suivant trois femmes : Gretchen Carlson (Nicole Kidman), Megyn Kelly (Charlize Theron) et un personnage fictif, Kayla Pospisil (Margot Robbie).

DU RÉEL À LA FICTION POUR PLUS D’IMMERSION

Prenant place en 2015, lors des Primary Debate américains, le film, narré par Megyn Kelly (Charlize Theron), nous met dans le feu de l’action. On redécouvre le célèbre débat de Megyn Kelly avec le futur président Donald Trump.

Dès lors, on se dit que l’on est tombé sur un film politique, mais ce n’est pas vraiment le cas. Ce n’est que la période durant laquelle se déroulent les événements. D’ailleurs celle-ci est bien mise en valeur sans jamais prendre trop de place. Puis, on rentre dans le vif du sujet.

Scandale nous présente Gretchen Carlson (Nicole Kidman), une présentatrice en perte de vitesse, qui, alors qu’elle est licenciée sans trop comprendre pourquoi, décide de dénoncer les pratiques de Roger Ailes.

Sans le réaliser sur le coup, Gretchen va ouvrir une boîte de Pandore. Mélangeant images réelles qet fiction, le film réussit à nous tenir en haleine même quand on connaît le dénouement de l’histoire.

Comparaison entre les actrices et les femmes qu’elles jouent dans la vraie vie © ETOnline

PEUT-ÊTRE TROP LISSE ?

Là où pèche Scandale, c’est dans la façon dont il présente les trois protagonistes principales. En effet, le film nous les montre comme étant fortes, mais ne rentre jamais vraiment dans leur psychologie ou antécédents. On a cette impression de voir des caricatures du monde des médias télévisés.

Une présentatrice célèbre qui s’est endurcie avec le temps et qui dit n’être pas féministe pendant tout le film, pourtant on nous la montre comme telle.

Copyright Metropolitan FilmExport / Charlize TheronLiv Hewson

La présentatrice imbue de sa personne.

Copyright Hilary Bronwyn Gayle SMPSP Nicole Kidman

Enfin, la dernière, qui est là pour nous montrer comment Roger Ailes fonctionnait avec les femmes dans son bureau.

Copyright Metropolitan FilmExport / Kate McKinnonMargot Robbie

Bon, on prend un gros raccourci ici, mais globalement, c’est ce qui ressort de ces personnages après coup. On les décrit facilement en une ligne. L’idéal aurait été des personnages plus étoffés et surtout qui sortent de ces caricatures, du moins au début du film.

UN SUPER CASTING

John Ligtgow avec beaucoup de maquillage et Roger Ailes © Newsweek

Quant au reste des acteurs, ils délivrent eux aussi des performances caricaturales de tous les types d’employés que l’on peut trouver dans une chaîne d’information comme Fox News. Ils sont là pour donner vie à l’ensemble, sans plus.

En conclusion, Scandale ne coche pas toutes les cases du film à scandale justement. En ne voulant pas réellement prendre parti, le film perd au fil des minutes son intérêt. On regarde une reconstitution qui n’apporte rien de croustillant à l’affaire Ailes.

Néanmoins, il envoie un message édifiant aux victimes de harcèlement sexuel et ça c’est un très bon point.

Copyright Metropolitan FilmExport / Charlize TheronMargot RobbieNicole Kidman
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